Crash du vol AF212 : la vérité ne doit plus attendre pour huit syndicats

47 ans après les faits, huit syndicats de navigants d’Air France ont demandé jeudi la déclassification du dossier d’enquête sur le crash du vol AF212 au Venezuela le 3 décembre 1969, pour que les causes réelles de cette tragédie soient « enfin connues » .

Le vol Air France AF212 devait relier Santiago du Chili à Paris, avec plusieurs escales dont Quito, Caracas, Pointe-à-Pitre et Lisbonne. Environ une minute après son décollage de nuit de Caracas, le Boeing 707 « Château de Kerjean » (F-BHSZ) s’est abîmé en mer. L’accident n’a laissé aucun survivant parmi les 62 personnes à bord.

Les causes de cette catastrophe restent inconnues à ce jour. Les documents issus de l’enquête menée par le Bureau d’Enquêtes & d’Analyses (BEA) sont en effet classés aux Archives Nationales et ne seront communicables qu’au bout de soixante ans, soit en 2029.

Mais pour huit syndicats de pilotes, d’hôtesses et stewards d’Air France, ALTER, SNGAF, SNOMAC, SNPL AIR FRANCE ALPA, SNPNC, SPAF, UNAC et UNSA PNC, « d’autres documents émanant du BEA » concluent à une « forte probabilité pour que la destruction en vol de l’appareil soit imputable à l’explosion d’une bombe placée dans le puits de train gauche de l’avion » .

Si cette hypothèse se voyait confirmée, « cet accident serait le premier acte de terrorisme de l’aéronautique civile française et l’un des premiers attentats au monde contre un avion de ligne » , selon les organisations professionnelles. Réunies en intersyndicale, elles ajoutent que « presque 50 ans après les faits, il est temps que la vérité soit dite » .

Les syndicats demandent ainsi la déclassification du dossier d’enquête et un accès « sans réserve » à l’ensemble des pièces du dossier sur le fondement du droit à la vérité.

Les présidents des organisations insistent sur le fait que : “l’aéronautique civile fait constamment l’objet de nouvelles menaces. Nous devons tirer sans attendre les leçons des tragédies passées, pour qu’elles puissent servir les générations futures. La classification des documents d’enquête va ainsi à l’encontre des principes fondateurs de notre industrie » .

Rappelons que les familles des victimes avaient lancé une pétition en janvier dernier pour réclamer aussi la déclassification du dossier. Ces proches redoutent de ne plus être en vie quand il sera possible d’accéder aux documents.

Photo clipperarctic CC BY-SA 2.0 : Boeing 707 d’Air France au décollage de Londres-Heathrow 

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