Le COMAC C919 n’est pas près de menacer le duopole d’Airbus et Boeing, selon Moody’s

Le duopole existant d’Airbus et Boeing sur le marché des monocouloirs ne risque pas d’être pas menacé avant plusieurs années par le C919 du constructeur chinois COMAC, qui vient de réaliser son premier vol d’essai, assure un rapport de Moody’s Investors Service, une société américaine spécialisée dans l’analyse financière.

« Nous croyons qu’il faudra au moins cinq ans pour que le C919 entre sur le marché mondial en raison du difficile processus entre le premier vol et la certification pour un nouvel entrant dans le vaste secteur des avions commerciaux » , explique Jonathan Root, vice-président senior de Moody’s. « En outre, après l’entrée en service, l’avion aura besoin de plusieurs années pour démontrer qu’il est compétitif sur le plan des performances, voire supérieur à l’A320neo d’Airbus ou au 737 MAX de Boeing, ce qui sera probablement nécessaire pour persuader les compagnies aériennes en dehors de la Chine d’ajouter l’avion à leurs flottes » .

Le premier vol d’essai du C919 a eu lieu le 5 mai 2017, marquant le coup d’envoi d’une campagne de certification auprès de l’Administration de l’aviation civile chinoise (CAAC). L’obtention de cette homologation permettra à l’avion d’opérer en Chine et dans certaines régions voisines. Mais pour commercialiser le C919 ailleurs dans le monde, COMAC devra bien sûr obtenir la certification de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine, de l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) et des autorités de l’aviation dans d’autres pays.

Il a fallu 14 mois à Airbus pour que son A320neo soit certifié par la FAA et l’EASA, et environ 13 mois à Boeing pour son 737 MAX 8. Moody’s s’attend à ce que le programme de certification du C919 nécessite « beaucoup plus de temps » , et cite deux raisons : contrairement aux deux modèles remotorisés, l’avion chinois n’est pas issu d’une base existante – c’est un « clean sheet design » – et il n’y a actuellement qu’un seul appareil menant la campagne.

Le principal risque pour Airbus et Boeing est le prix de vente du C919, COMAC disposant d’une certaine souplesse, note Jonathan Root. Cependant, même avec cet avantage, il sera difficile pour le C919 de s’imposer dans les flottes de compagnies aériennes existantes en dehors de la Chine, estime l’analyste. En cause, le fait de remplacer un type d’avion par un autre coûte cher aux opérateurs, comme celui d’ajouter un type supplémentaire d’un constructeur différent à un parc existant.

Moody’s arrive aux mêmes conclusions pour le MC-21 du constructeur russe Irkout, qui a effectué son premier vol d’essai le 28 mai 2017, Cet appareil sera également « confronté à un programme de certification pluriannuel » tandis que son attrait pour les compagnies aériennes, en dehors de la Russie, reste « incertain » . Pas de quoi briser tout de suite l’emprise de Boeing et Airbus sur le marché des monocouloirs.

Le C919 totalise aujourd’hui 600 commandes ou intentions de commandes provenant de 24 clients, presque exclusivement chinois. Le MC-21 enregistre pour sa part 175 commandes fermes et 100 intentions de commandes, toutes émanant de compagnies aériennes ou sociétés de financement russes ou de la CEI.

Le rapport complet est disponible pour les abonnés de Moody’s Investors Service à cette adresse.

Photo © COMAC (premier vol du C919 le 5 mai 2017)

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