Boeing travaille à livrer un premier avion à Iran Air en 2018

Boeing travaille « main dans la main » avec le gouvernement américain pour concrétiser la commande de 80 avions signée par Iran Air et prévoit une première livraison en 2018, a indiqué lundi le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg.

Les propos du dirigeant du constructeur américain viennent confirmer qu’Iran Air ne recevra pas son premier Boeing ce printemps comme cela a été envisagé. Le mois dernier, le vice-ministre iranien des Transports avait en effet laissé entendre qu’Iran Air pourrait recevoir sous un mois un 777-300ER dont Turkish Airlines ne voulait plus. Toutefois, ce projet a été abandonné parce que « l’avion n’est plus disponible » , avait déjà indiqué en fin de semaine dernière Farhad Parvaresh, le PDG d’Iran Air.

La compagnie iranienne a signé en décembre 2016 un accord avec Boeing portant sur 80 avions, dont cinquante 737 MAX 8, quinze 777-300ER et quinze 777-9. Les premières livraisons étaient alors annoncées pour 2018, devant s’étaler sur dix ans.

Le contrat est controversé aux États-Unis où le Président Donald Trump a indiqué durant sa campagne qu’il serait partisan d’une « ligne dure » contre l’Iran.

Cependant, Boeing fait « des progrès réguliers » et « nous travaillons main dans la main » avec le gouvernement américain pour finaliser la commande, a confié hier à Bloomberg Dennis Muilenburg, qui s’exprimait en marge de la réunion annuelle de Boeing à Chicago. L’avionneur travaille en particulier à trouver une structure de financement. Il prévoit toujours de livrer les premiers avions l’année prochaine.

Boeing fait valoir que l’ajout des quinze 777 d’Iran Air relancerait ce programme dont les commandes sont en baisse. Ainsi, la production du 777 serait assurée à 90% pour les années 2018 et 2019, et amoindrirait le risque d’une troisième réduction de la cadence de production et de suppressions de postes supplémentaires.

Parmi les 210 commandes nettes enregistrées par Boeing depuis le début de l’année, seulement 9 concernent le 777.

De son côté, Iran Air s’est engagée dans un vaste plan de modernisation et d’expansion de sa flotte vieillissante, après la levée des sanctions contre son pays. Elle a déjà reçu trois A321 et A330 sur la centaine d’Airbus qu’elle a commandés en décembre dernier. En outre, la compagnie vient également de finaliser une commande avec ATR pour vingt ATR72-600 plus vingt options. Les quatre premiers turbopropulseurs sont attendus prochainement à Téhéran.

Photo : Airbus a déjà commencé à livrer ses avions à Iran Air – © Airbus