Air France assignée en justice par deux syndicats de PNC

Le SNPNC-FO et L’UNSA-PNC ont annoncé mercredi avoir assigné en référé la direction d’Air France devant le Tribunal de grande instance de Bobigny « pour déloyauté dans la négociation » . Une première pour les PNC d’Air France.

Cette action en justice intervient quelques jours après que la direction de la compagnie aérienne ait indiqué que, faute d’accord avec les syndicats, elle fixera unilatéralement les conditions de travail et de rémunération de ses 13.500 hôtesses et stewards (PNC) par une note de direction.

Les deux syndicats, réunis en intersyndicale, font deux reproches à la compagnie aérienne : vouloir « imposer »  aux hôtesses et stewards  « un accord collectif dégradé négocié avec le seul syndicat UNAC » et « créer une Compagnie Boost avec comme unique but d’employer des PNC low-cost et d’accaparer progressivement l’ensemble des réseaux moyen et long-courrier d’Air France » , écrivent-ils dans un communiqué le 19 avril.

Dans les faits, le SNPNC et l’UNSA ont quitté la table des négociations pour le renouvellement de l’accord collectif, actuellement en vigueur jusqu’au 30 avril, leurs deux conditions pour discuter n’ayant pas été entendues : pour eux, il n’est pas question de fournir des efforts supplémentaires et d’accepter le projet Boost, consistant en la création d’une compagnie à bas coûts d’exploitation avec une filière spécifique pour les PNC. « Le 3 mars, la direction a annoncé la fin des négociations et proposé un accord collectif PNC dégradé ne reprenant aucune des propositions de l’Intersyndicale PNC, négocié avec l’UNAC et signé par cette seule organisation » , déplorent les deux syndicats.

L’UNAC, restée seule à la table des négociations, fait  valoir une position toute différente. « À ce jour nous n’avons plus d’accord collectif, et toujours pas d’accord de protection périmétrique sur Boost. Les PNC ont été mobilisés pour lutter contre Boost, contre un nouvel accord collectif, contre un accord de périmètre insuffisant. Mais aujourd’hui, que reste-t-il ? » , s’interroge le troisième syndicat représentatif des PNC d’Air France. « Soit l’UNSA et le SNPNC deviennent enfin pragmatiques et adhèrent au projet d’accord périmétrique proposé, tant mieux pour nous PNC d’Air France. Soit ils restent dans leur blocage dogmatique et les PNC perdront les protections obtenues » , analyse dans un tract Eric Chauvel, vice-président de l’UNAC.

Pour autant, ce sera à la justice de trancher : le SNPNC et l’UNSA demandent notamment « qu’il soit fait injonction à Air France de reprendre au plus vite les négociations de manière concomitante et globale, à la fois sur l’accord collectif et sur Boost, et d’interdire toute démarche visant à la mise en œuvre du projet Boost tant que des négociations n’auront pu être menées avec toutes les organisations syndicales représentatives pour les différentes catégories professionnelles de manière globale et loyale » .

Photo © Air France

One thought on “Air France assignée en justice par deux syndicats de PNC

  1. Comment exiger de la direction de reprendre les négociations, quand les syndicats en question ont quitté la table des négociations ???? j’espère que la justice sera sensée, sur ce coup là !!!

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