Le transport aérien français lance un mayday

La Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) estime que l’ensemble du transport aérien français est en « situation d’urgence » et demande une « stratégie nationale de reconquête de l’emploi et de la compétitivité ».

À la veille des élections présidentielles en France, la FNAM tire la sonnette d’alarme. « Sans une stratégie nationale pour les 5 ans à venir, la France risque de perdre la maîtrise de ses dessertes et de sa connectivité avec l’international » , a alerté vendredi 14 avril la Fédération qui représente 95% du transport aérien français.

En cause, la « concurrence déloyale » , le « dumping social » de certains opérateurs étrangers (« le cas Norwegian » étant cité), le millefeuille administratif ou encore le niveau élevé des taxes et autres redevances auxquelles sont soumises les compagnies aériennes françaises.

Selon la FNAM, le secteur aérien français a déjà perdu 11 000 emplois en France sur les 5 dernières années et 16 000 emplois sont menacés sur les 5 prochaines années, soit plus de 15 % du secteur. « La majorité de ces destructions d’emplois concerne des emplois qualifiés dans les compagnies françaises » , a-t-elle précisé.

Un autre chiffre alimente les inquiétudes de la FNAM : la part de marché du pavillon français a perdu 17 points depuis 2000.

Ainsi, il est urgent que lÉtat porte « une stratégie nationale de long terme du transport aérien pour créer des conditions saines de concurrence » , écrit la Fédération. Il s’agit selon elle de « réguler le secteur au niveau européen pour lutter contre une concurrence déloyale » .

La FNAM demande également que les marges de manœuvre des compagnies aériennes françaises soient restaurées « pour sauver et préserver l’emploi en France » , selon deux axes : la promotion des emplois aériens basés sur le territoire national et l’accélération de la simplification administrative « pour plus de flexibilité » .

Les taxes et redevances aéronautiques doivent se stabiliser, voire baisser, pour retrouver « le chemin de la compétitivité » , espère aussi la Fédération. Elle cite l’exemple des coûts de sûreté qui ont augmenté de « 500% depuis 2001 » . Or, en France, ces coûts sont assumés à 100% par les compagnies aériennes, un « cas unique en Europe » . La FNAM demande ainsi à ce que la responsabilité et les coûts de la sûreté aérienne soient partagés entre l’État et les entreprises du secteur.

Enfin, il faut « en finir avec une sur-interprétation systématique des textes européens » et « poursuivre la simplification réglementaire » , selon la FNAM. Elle estime que l’application des textes européens devrait entraîner la suppression des textes français redondants, sans qu’il n’y ait pour autant de « conséquences lourdes pour le budget de l’État français » .

La stratégie nationale souhaitée par la FNAM est détaillée dans le document ci-après ou téléchargeable ici.

Pour mémoire, la FNAM réunit notamment Aigle Azur, Air Caraïbes, Air France, Chalair, Corsair International, HOP! Air France, Transavia, XL Airways et La Compagnie, soit plus de 100 000 emplois dont 72 000 emplois au sein des compagnies aériennes et 30 000 au sein de l’assistance en escale et des gestionnaires d’aéroports.

Stratégie nationale pour le transport aérien français-FNAM

Photo Sebastian Grochowicz CC0 / Unsplash

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