Alitalia annonce plus de 2000 suppressions de postes

Dans le cadre de sa restructuration, la compagnie Alitalia a annoncé vendredi plus de 2.000 suppressions de postes, soit près de 20% de ses effectifs, et des réductions de salaires pouvant atteindre 32% pour certains personnels. Les syndicats ne sont pas d’accord et appellent à la grève pour la journée du 5 avril.

Le plan d’économie d’un milliard d’euros d’ici 2019 adopté mercredi par le Conseil d’administration d’Alitalia a été présenté hier vendredi aux syndicats. Le directeur général de la compagnie italienne, Cramer Ball, a donné les chiffres précis du projet et la potion est amère :  2.037 licenciements pour le personnel au sol (dont 1.338 contrats à durée indéterminée, 558 à durée déterminée et 141 se trouvant à l’étranger). S’ajoutent 400 hôtesses et stewards, qui bénéficient d’un contrat garanti dans le cadre de mesures visant à maintenir l’emploi mais arrivant à expiration en décembre 2017. La compagnie compte aujourd’hui environ 12.500 salariés.

En outre, selon les syndicats, Alitalia a également demandé des réductions de salaires de 28% pour les pilotes volant sur moyen-courrier, 22% sur long-courrier et 32% pour les hôtesses et stewards.

En échange, la compagnie a promis la croissance à partir de 2019 . « En devenant rentable d’ici 2019, Alitalia pourra mettre en œuvre une croissance positive qui se traduira par l’introduction dans la flotte de six nouveaux avions long-courriers entre 2019 et 2021. En plus de deux appareils en 2017 et 2018. La compagnie aérienne prévoit également de lancer dix nouvelles lignes long-courriers entre 2019 et 2021 et de recruter jusqu’à 500 nouveaux membres d’équipage d’ici 2019 » , a fait savoir Alitalia dans un communiqué.

En guise de réponse, les syndicats ont appelé à une grève de 24 heures le 5 avril et ont refusé de négocier sur ces bases. « Le plan n’est absolument pas crédible d’un point de vue industriel et n’est pas admissible sur le plan des salaires » , a notamment expliqué à La Stampa Claudio Tarlazzi de l’Uil Trasporti.

La situation se complique donc pour Alitalia. L’accord des syndicats à ce plan est en effet la condition sine qua non pour que les actionnaires, principalement Etihad Airways et des banques italiennes, acceptent de financer la compagnie qui risque de manquer de liquidités d’ici environ un mois, selon la presse italienne.

Là ne s’arrêtent pas les difficultés d’Alitalia. Une autre grève est déjà en vue : lundi 20 mars, la compagnie doit annuler 40% de son programme de vols en raison d’un mouvement social des contrôleurs aériens italiens. « La compagnie a immédiatement pris des mesures pour minimiser les perturbations auprès de ses clients, en réservant les passagers affectés par les annulations sur les premiers vols disponibles, si possible le même jour » , a indiqué Alitalia.

Photo © Alitalia

Laissez un commentaire