Etihad : le président James Hogan s’en va, une nouvelle ère commence

Etihad Aviation Group a annoncé mardi 24 janvier le départ de son président-directeur général, James Hogan, ainsi que de prochains arbitrages dans la stratégie de la compagnie aérienne.

Selon un communiqué du groupe d’Abu Dhabi, James Hogan quittera ses fonctions au second semestre 2017. Il rejoindra une société d’investissement, comme le directeur financier, James Rigney, qui quittera Etihad cette année aussi. La recherche de leurs successeurs est en cours.

De nationalité australienne, James Hogan a rejoint Etihad en septembre 2006. Il a été l’artisan de la croissance de la compagnie nationale des Émirats arabes unis. Sous sa houlette, Etihad est passée d’une flotte de 22 avions à 120 aujourd’hui et du statut d’une compagnie régionale à un acteur planétaire. Surtout, le groupe a acquis des participations dans sept compagnies aériennes : Air Serbia, Air Seychelles, airberlin, Alitalia, Darwin Airline (Etihad Regional), Jet Airways et Virgin Australia. L’ensemble transporte aujourd’hui environ 120 millions de passagers. Grâce à James Hogan, « l’entreprise a établi de nouveaux standards en termes de service et d’innovation » , reconnaît Mohamed Al Mazrouei, président du Conseil d’administration. « Sous sa direction, Etihad a procuré de nouvelles opportunités à des milliers d’Émiratis et elle est devenue une composante essentielle du remarquable progrès d’Abu Dhabi et des Émirats arabes unis » .

Il n’en reste pas moins qu’Etihad traverse une période difficile. La stratégie de prises de participation s’est révélée payante dans certains cas mais coûteuse dans d’autres. Air Serbia, Air Seychelles et Jet Airways sont rapidement redevenues bénéficiaires mais Alitalia et Airberlin restent lourdement déficitaires. À cela s’ajoutent des difficultés conjoncturelles. La baisse des prix du pétrole conduit l’émirat à être plus regardant sur ses investissements tandis que le fléchissement de la demande sur certains marchés et l’intensification de la concurrence n’épargnent pas Etihad.

« Nous devons nous assurer que la compagnie aérienne ait la bonne taille et soit en bonne santé » , prévient Mohamed Al Mazrouei, laissant entendre que James Hogan n’était peut-être plus l’homme de la situation. Ou tout au moins qu’il n’avait pas le coeur à mener « la prochaine phase de développement » , comme l’annonce Mohamed Al Mazrouei. Ce dernier prévoit de prochains ajustements ou arbitrages dans la stratégie, qui ne sera cependant pas remise en cause. « Nous devons continuer d’améliorer la rentabilité, la productivité et les revenus. Nous devons progresser et ajuster nos participations dans les compagnies aériennes même si nous demeurons attachés à cette stratégie « .

La transformation a déjà commencé. Etihad se prépare à des suppressions de postes – le chiffre de 3.000, sur les 26.000 que compte le groupe, circule sans être confirmé. Le mois dernier, Etihad a annoncé qu’elle créerait une nouvelle compagnie loisirs en co-entreprise avec TUI, en dépouillant Airberlin d’un tiers de sa flotte. Alitalia doit présenter prochainement un nouveau plan de restructuration. Enfin, un partenariat avec Lufthansa a été initié. Pour Etihad, c’est une nouvelle ère qui commence.

Photo : James Hogan (2e à partir de la gauche) © Etihad

 

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