Safran rachète Zodiac Aerospace

Safran lance une OPA amicale sur Zodiac Aerospace, dont la finalisation est prévue à la fin de l’année. Si tout se passe comme prévu, la fusion des deux groupes français donnera naissance à un nouveau géant de l’aéronautique.

Après avoir reçu le feu vert de leurs instances, Safran et Zodiac ont annoncé le 19 janvier cette opération, qui, selon leur communiqué commun, représente « une opportunité unique » pour créer « un leader mondial sur l’ensemble de la chaîne de valeur des aéronefs grâce à une gamme complète de produits et services au meilleur niveau mondial » .

Safran se spécialise dans les moteurs, nacelles, trains d’atterrissage, roues et freins, systèmes électriques embarqués et avionique. Avec le rachat de Zodiac, il ajoutera à ses compétences celles de Zodiac dans le domaine des sièges, des aménagements de cabine, de la répartition de puissance, des circuits d’éclairage, d’alimentation en carburant, d’oxygène et de fluides et des équipements de sécurité. Dans le secteur des systèmes électriques, Zodiac vient renforcer les positions de Safran, offrant au groupe « un positionnement idéal pour les développements futurs de +l’avion plus électrique+ » .

Les deux groupes mettent d’ailleurs en avant leur complémentarité : Safran compte sur la fusion pour réduire « sa sensibilité aux cycles de livraison des avionneurs » grâce à « l’important flux de revenus post-livraison et après-vente » de Zodiac.

Avec cette acquisition, Safran sera présent sur « l’ensemble des grands programmes aéronautiques » . il emploiera environ 92 000 collaborateurs (dont plus de 45 000 en France) et réalisera environ 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec un résultat opérationnel de 2,7 milliards d’euros. Sur ces bases, il sera le troisième acteur mondial du secteur aéronautique (hors avionneurs) et le deuxième équipementier aéronautique mondial. Safran sera présent dans plus de 60 pays.

Difficile d’imaginer que le rachat récent par Rockwell Collins du principal concurrent de Zodiac, B/E Aerospace, n’ait pas contribué à cette opération. De même que les déboires de Zodiac sur le plan financier (neuf profit warnings en deux ans) et industriel : Zodiac s’est fait tacler publiquement par Airbus pour son incapacité à fournir dans les temps les sièges des A350. Safran se veut rassurant : « notre expertise industrielle va aussi accélérer le retour de Zodiac Aerospace à ses niveaux de profit historiques, dans les sièges et les activités cabine » , déclare ainsi Philippe Petitcolin, directeur général de Safran. « Mais surtout, la qualité du management de Safran ainsi que le calendrier dans lequel cette acquisition interviendrait permettront d’assurer le succès de l’intégration de Zodiac Aerospace dans nos activités d’Equipements tandis que nos activités de Propulsion restent concentrées sur le programme LEAP » .

La finalisation de l’OPA est attendue à la fin du 4ème trimestre 2017 et la réalisation de la fusion début 2018. En termes de gouvernance, le Conseil d’administration de Safran comprendra 20 membres, incluant des représentants des actionnaires de référence de Zodiac Aerospace. Ross McInnes et Philippe Petitcolin resteront respectivement Président du Conseil d’administration et Directeur Général de Safran, tandis qu’Olivier Zarrouati, Président du Directoire de Zodiac Aerospace, deviendra Directeur Général Délégué de Safran.

Selon Le Figaro, qui a révélé cette opération dès hier soir, avant l’annonce officielle, l’OPA de Safran valorise Zodiac à 8,5 milliards d’euros, contre 6,77 milliards de capitalisation boursière mercredi.

Photo CFM : montage du moteur LEAP-1B sur 737 MAX

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