Crash du Tupolev en Russie : l’enquête pointe vers une combinaison de facteurs

Les données préliminaires pointent vers une combinaison de facteurs pour expliquer le crash en mer Noire d’un Tupolev 154 du ministère russe de la Défense, selon plusieurs agences de presse.

Quatre jours après l’accident, les deux enregistreurs de vol ont été récupérés et transférés à l’Institut central des recherches de l’Armée de l’Air à Lyubertsy, près de Moscou, où les analyses ont commencé. « Les données préliminaires pointent indirectement vers une possible combinaison de facteurs qui ont pu conduire au crash » , indique l’agence Interfax ce jeudi matin, sans détailler.

Citant plusieurs sources, Tass aussi n’excluait pas hier que l’avion ait pu s’écraser suite à une combinaison de plusieurs facteurs, « y compris une erreur de pilotage et des problèmes avec l’un des moteurs » . L’une des sources affirmait que « l’accident s’est produit alors que les pilotes tentaient de rétracter les volets. Pour des raisons qui ne sont pas encore établies, l’angle de cabrage de l’avion était trop important. En conséquence, l’appareil (a perdu de la portance et) a percuté l’eau à une vitesse d’environ 510 km/h » .

Un témoignage recueilli peu après le crash dimanche matin laissait penser que l’avion volait le nez en l’air sans parvenir à prendre de l’altitude après son décollage de l’aéroport Sotchi-Adler. Il a rebroussé chemin et s’est abîmé en mer à quelques kilomètres seulement de son point de départ.

Après un problème au décollage, la défaillance des volets pourrait « constituer un défi supplémentaire pour les pilotes, mais certainement pas la cause principale de l’accident » , a estimé un commandant-en-chef des forces aériennes à la retraite interrogé par l’agence RIA Novosti.

Les débris des principaux composants du Tupolev 154 ont été retrouvés et remontés à la surface. Les pales de la turbine d’un des moteurs apparaissent déformées, selon Russia Today qui cite des experts de la commission d’enquête interministérielle. Une analyse est en cours pour déterminer si les dommages sont consécutifs à l’impact avec l’eau ou préexistants au crash.

Le FSB (service de la sécurité de Russie) a cité plusieurs pistes pour expliquer l’accident : l’ingestion d’un corps étranger par le moteur, un carburant de mauvaise qualité, une erreur de pilotage et une défaillance technique. L’hypothèse d’un attentat n’est pas privilégiée, aucun signe ne pointant dans cette direction.

Par ailleurs, des échantillons du carburant ayant ravitaillé l’appareil ont été envoyés à un laboratoire pour analyse, selon Svetlana Petrenko, porte-parole de la commission d’enquête citée par la presse russe.

Le Tupolev 154 se dirigeait le 25 décembre vers la Syrie, avec 92 personnes à bord, dont huit membres d’équipage et 84 passagers. Parmi ceux-ci figuraient 64 membres des Choeurs de l’armée rouge et 9 journalistes de la télévision russe. Aucun des occupants n’a survécu à l’accident.

Visuel : capture d’écran Youtube. Deuxième enregistreur de vol du Tupolev 154, récupéré mercredi