Transaero pourrait renaître de ses cendres

Boeing 747-400 de Transaero - CC Wikimedia / Aleksandr Markin

Un an après la fin de ses opérations, Transaero pourrait effectuer un retour dans le ciel de Russie dès le printemps 2017. À condition de trouver un accord avec ses créanciers.

Celle qui fut la deuxième compagnie aérienne russe a cessé de voler en octobre 2015, laissant derrière elle une ardoise de 250 milliards de roubles (environ 3,5 milliards d’euros). Constatant son insolvabilité et la menace que cela représentait pour la sécurité des opérations, l’autorité de l’aviation civile russe, Rossaviatsa, avait révoqué son certificat de transporteur aérien (CTA).

Mise en faillite, sans avions ni personnels, Transaero existe toujours en tant qu’entité juridique. Lundi 14 novembre, un plan présenté par la direction, prévoyant la création d’une nouvelle compagnie aérienne, a été approuvé par le conseil d’administration, a rapporté le journal Vedomosti. Le plan doit maintenant être accepté par les créanciers.

Les actifs de Transaero, dont la marque, seraient transférés vers une nouvelle entité. Celle-ci serait vierge de toute dette et ne serait pas responsable du passif de l’ancienne compagnie. Les créanciers de Transaero deviendraient actionnaires de la nouvelle société.

Dans ce projet, « la marque Transaero est un atout important qui peut assurer la participation et la fidélité des passagers » , a expliqué à Vedomosti Alexandre Burdin, le directeur de Transaero. « Il est préférable de faire quelque chose plutôt que rien, et pour les créanciers, d’obtenir quelque chose plutôt que rien. Tout le monde devra se mettre d’accord et accepter que, d’une part, la nouvelle compagnie a le droit d’exister et que d’autre part, il existe une niche (sur le marché du transport aérien en Russie) » , a-t-il poursuivi.

Le projet prévoit de commencer les opérations en avril 2017. Durant les deux premières années d’exploitation, la nouvelle compagnie se concentrerait sur des lignes intérieures, conformément à la réglementation russe. Elle serait basée à Saint Pétersbourg et dans le Sud de la Russie (Sotchi, Krasnodar) plutôt que Moscou, pour exploiter des liaisons mal desservies par les opérateurs existants.

La flotte comprendrait au départ dix Boeing 737-800 et cinq Sukhoi SuperJet SSJ100 dont « la location est subventionnée par l’État » , selon Alexandre Burdin. Ultérieurement, d’autres appareils seraient ajoutés, y compris le Boeing 737 MAX ou son concurrent russe l’Irkut MC-21 « dont la production devrait commencer l’année prochaine » . Ces avions seraient pris en leasing.

Environ 75 millions de dollars seraient nécessaires pour lancer les opérations sur deux ans. Le dirigeant de Transaero espère trouver cette somme avec la cession des actifs de la défunte compagnie. Il compte aussi sur le soutien des organismes d’État et des constructeurs aéronautiques russes qui seraient heureux de trouver un nouveau débouché pour leurs avions, selon lui.

Interrogée par le Moscow Times, Sberbank, qui compte aux rangs des principaux créanciers, a déclaré qu’elle examinerait le plan lorsqu’il lui sera présenté. VTB Bank s’est refusée à tout commentaire.

Photo Boeing 747-400 de Transaero – CC Wikimedia / Aleksandr Markin