IATA : le trafic aérien pourrait doubler d’ici 20 ans

CC0 Skyler Smith / Unsplash

L’Association du transport aérien international (IATA) prévoit que le nombre de passagers aériens doublera en 20 ans, tout en prévenant que le protectionnisme pourrait nuire aux perspectives de croissance.

L’IATA évalue à 7,2 milliards le nombre de passagers qui voyageront en avion en 2035, soit près du double des 3,8 milliards de voyageurs aériens enregistrés en 2016. Cette prévision s’appuie sur un taux de croissance annuel moyen (TCAC) de 3,7%.

« Les gens veulent prendre l’avion. La demande de voyages aériens au cours des deux prochaines décennies devrait doubler. Permettre aux gens et aux nations de commercer, d’explorer et de partager les innovations et la prospérité économique rend notre monde meilleur », a déclaré Alexandre de Juniac, le nouveau directeur général et chef de la direction de l’IATA qui a pris ses fonctions en septembre dernier.

Déplacement vers l’est, orientation vers les marchés en développement

La prévision concernant la croissance du nombre de passagers confirme que le plus important facteur de la demande sera la région Asie-Pacifique. L’IATA s’attend à ce qu’elle soit la source de plus de la moitié des nouveaux passagers au cours des 20 prochaines années. Vers l’année 2029, la Chine remplacera les États-Unis comme plus grand marché de l’aviation au monde (défini selon le trafic entrant et sortant et le trafic intérieur). L’Inde remplacera le Royaume-Uni au troisième rang, tandis que l’Indonésie entrera dans la liste des dix premiers, aux dépens de l’Italie. La croissance sera aussi dirigée vers les marchés en développements. Au cours de la dernière décennies, la proportion du trafic total de passagers détenue par le monde en développement est passée de 24 % à près de 40 %, et cette tendance devrait se maintenir.

Risques, défis et possibilités

iata_scenarios_20_ans_2035L’IATA a établi trois scénarios pour ses prévisions à 20 ans (ci-contre). Le scénario central prévoit que le nombre de passagers doublera, selon un TCAC de 3,7 %. Si la libéralisation du commerce gagne en vitesse, la demande pourrait tripler par rapport au niveau de 2015. À l’inverse, si « la tendance protectionniste actuelle » gagnait en force selon l’association, la demande pourrait ralentir en conséquence et le TCAC s’établirait à 2,5 %, de sorte que le nombre de passagers serait de 5,8 milliards en 2035.

« La croissance économique est la seule solution durable aux difficultés économiques actuelles. Pourtant, nous voyons les gouvernements créer des obstacles au commerce plutôt que de le faciliter. Si cela se prolonge à long terme, la croissance sera plus lente et le monde en sera plus pauvre. Pour l’aviation, le scénario protectionniste réduirait la croissance annuelle à seulement 2,5 %. Non seulement cela diminuera le nombre d’emplois en aviation, mais cela nous limitera à 5,8 milliards de voyageurs en 2035, plutôt que 7,2 milliards. L’impact économique qui s’ensuivra aura une grande portée et sera durement ressenti » , a commenté M. de Juniac.

Selon l’IATA, quel que soit le scénario qui s’avérera, la croissance accentuera la pression sur des infrastructures qui peinent déjà à répondre à la demande. « Les pistes, les aérogares, les systèmes de sécurité et de traitement des bagages, le contrôle du trafic aérien et une foule d’autres éléments doivent être améliorés en vue de l’arrivée de ces nouveaux voyageurs. L’industrie ne peut y arriver à elle seule. La planification des changements exige que les gouvernements, les communautés et l’industrie travaillent en partenariat » , selon M. de Juniac.

L’industrie devra aussi pouvoir croître de façon durable. Plus tôt ce mois-ci, les compagnies aériennes ont appuyé la mise en place du Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA). Cette entente historique – la première mesure adoptée par les gouvernements pour gérer à l’échelle mondiale la croissance des émissions d’une industrie tout entière – vise à plafonner les émissions nettes grâce à une croissance neutre en carbone à compter de 2020. « L’aviation est à l’avant-garde des industries dans la gestion de son empreinte carbone. En plus de compenser les émissions au moyen du CORSIA, les compagnies aériennes travaillent en partenariat avec l’industrie et les gouvernements pour améliorer les technologies, les opérations et l’efficacité des infrastructures » , ajoute M. de Juniac.

Faits marquants (tous les chiffres sont basés sur le scénario de croissance central)

Marchés en rapide croissance

iata_scenarios_20_ans_2035_2Selon l’IATA, les cinq marchés dont la croissance sera la plus rapide quant au nombre de passagers additionnels par année durant la période de prévision seront :

  • la Chine (817 millions de passagers de plus, pour un total de 1,3 milliard),
  • les États-Unis (484 millions de passagers de plus, pour un total de 1,1 milliard),
  • l’Inde (322 millions de passagers de plus, pour un total de 442 millions),
  • l’Indonésie (135 millions de passagers de plus, pour un total de 242 millions),
  • le Vietnam (112 millions de passagers de plus, pour un total de 150 millions).

Sept des dix marchés qui auront les taux de croissance les plus rapides en pourcentage seront en Afrique. Les dix premiers sont : la Sierra Leone, la Guinée, la République centrafricaine, le Bénin, le Mali, le Rwanda, le Togo, l’Ouganda, la Zambie et Madagascar. Dans chacun de ces marchés, on s’attend à ce que la croissance annuelle moyenne soit de plus de 8 % au cours des vingt prochaines années, doublant chaque décennie.

Croissance régionale

  • Les routes à destination, en provenance et à l’intérieur de l’Asie-Pacifique auront 1,8 milliard de passagers de plus d’ici 2035, pour un total de 3,1 milliards. Son taux de croissance annuel moyen de 4,7 % sera le deuxième plus élevé, après le Moyen-Orient.
  • La région de l’Amérique du Nord aura une croissance annuelle de 2,8 % et en 2035, le nombre annuel de passagers s’élèvera à 1,3 milliard, soit 536 millions de passagers de plus.
  • L’Europe aura le taux de croissance le plus faible, soit 2,5 %, mais le nombre de passagers par année augmentera néanmoins de 570 millions. Au total, le marché comptera 1,5 milliard de passagers.
  • Les marchés d’Amérique latine auront une croissance annuelle de 3,8 %, et le nombre total de passagers par année atteindra 658 millions, soit 345 millions de plus qu’aujourd’hui.
  • Le Moyen-Orient connaîtra une forte croissance (5,0 %) et le nombre annuel de passagers à destination, en provenance et à l’intérieur de la région augmentera de 258 millions d’ici 2035. Les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite auront de forts taux de croissance de 6,3 %, 4,7 % et 4,1 %, respectivement. Au total, le nombre de voyageurs de ce marché atteindra 414 millions.
  • L’Afrique aura une croissance de 5,1 %. D’ici 2035, le nombre de passagers par année sera supérieur de 192 millions, pour un marché total de 303 millions de passagers.

Sources : IATA – Photo principale : CC0 Skyler Smith

One thought on “IATA : le trafic aérien pourrait doubler d’ici 20 ans

  1. Je ne voudrais pas être pessimiste, seulement voila; est on sûrs que dans 20 ans, le pétrole sera au même prix qu’aujourd’hui? Ce facteur me parait au moins aussi important que celui de la croissance, sinon plus.
    vous pensez vraiment qu’un baril à 200$ est inenvisageable? que le prix va se maintenir aux alentours de 50$ pendant des décennies?

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