Radicalisation : Air France dément subir des actes de malveillance

Rob Finlayson / Air France : Boeing 777-200ER d'Air France

Le Canard enchaîné a rapporté une série d’incidents sur des avions d’Air France, en lien avec l’islamisme radical de certains employés. La compagnie a nié ces incidents.

Moteurs relais et toboggans d’évacuation sabotés, tags sur les trappes de réservoirs de carburant, cartes Géovision trafiquées, refus d’un agent au sol de guider un avion dont le pilote était une femme… Citant une source au sein du renseignement, le Canard enchaîné a listé dans ses colonnes du 5 octobre une série d’incidents jetant une ombre inquiétante sur la sécurité des opérations d’Air France à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle.

La compagnie a aussitôt réagi et nié en bloc ces informations. « Aucun acte de malveillance sur un vol commercial Air France n’a jamais été confirmé ni même identifié comme tel » , affirme la compagnie dans un communiqué. Elle évoque des « rumeurs infondées » ou des « événements sortis de l‎eur contexte » .

Qui dit vrai ? A en croire plusieurs médias qui ont enquêté séparément, le Canard enchaîné aurait relaté certains faits de façon amplifiée ou incomplète. Pour des raisons de sécurité, chaque incident doit faire l’objet d’un rapport. « Aucun incident majeur de ce type n’est survenu. Ce sont davantage des incidents marginaux qui relèvent de problèmes de comportement » , affirme ainsi à l’Express une source syndicale.

Là où le journal satyrique dénombre une quarantaine d’avions d’Air France tagués avec l’inscription « Allah Akbar » sur la trappe du réservoir de carburant, Europe 1 compte sept cas, tous en provenance de Casablanca. Air France ne serait d’ailleurs pas seule concernée. Des tags similaires ont été observés sur des appareils d’easyJet, à cinq reprises depuis fin 2015.

Concernant le cas du refus de guider un avion car le commandant de bord était une femme, cette affaire « relève davantage de la légende urbaine que de la réalité » , assure à L’Express une source apparemment proche du Préfet en charge de la sécurité. « Air France nous a certifié n’avoir jamais eu connaissance d’une telle affaire, assurant que le personnel aurait été licencié si les faits avaient été avérés » , ajoute-t-elle.

De plus, si le nom « Israël » a bien été remplacé par « Bande de Gaza » sur les cartes Géovision d’un vol Air France Los Angeles-Tel Aviv via Paris en août 2015, l’enquête menée par la Gendarmerie du transport aérien (GTA) n’a pas permis d’identifier l’auteur de cet incident, et aucun lien n’a été établi avec l’islamisme radical, selon Europe 1. La radio ajoute qu’aucune source n’a entendu parler d’une affaire similaire rapportée par le Canard enchaîné, où le nom « Maroc » aurait été remplacé par « Khalifa » .

Reste que le Canard Enchaîné évoque également plusieurs « avaries » du « moteur relais, censé contrôler les réacteurs depuis le cockpit » sur des avions d’Air France. L’enquête des services de renseignement aurait bien permis d’identifier un suspect. Il s’agirait d’un Français converti, employé de la compagnie, qui aurait pris la poudre d’escampette vers le Yémen « dès qu’il s’est senti surveillé » . Air France explique que l’employé a été licencié suite à une longue absence injustifiée. Pour autant, l’individu a bien été localisé au Yémen après les incidents. Par la suite, deux employés d’Air France, liés à cet homme, ont trafiqué plusieurs toboggans d’évacuation dans les ateliers de maintenance. A titre de précaution et malgré l’absence de preuve, les deux employés ont été mutés à des postes « moins sensibles » .

Air France continue de traquer les signes de radicalisation chez ses employés. « La direction de la sûreté de la compagnie travaille pour cela en étroite collaboration avec les différentes autorités aéroportuaires et services de l’Etat » , indique son communiqué. Le Canard enchaîné fait état de 73 badges d’accès retirés « ces derniers temps » à des employés de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (sur un total de 86.000 travaillant sur la plateforme). Cependant, ces dossiers remontent à 2015 et ne sont pas tous liés à des cas de radicalisation. Pour cette année, Europe 1 dénombre 18 refus de délivrance et 6 retraits de badges. Aucun des agents travaillant pour des sociétés de sûreté, ciblés en priorité, n’a été mis en cause, selon la radio.

Photo Rob Finlayson / Air France : Boeing 777-200ER d’Air France

One thought on “Radicalisation : Air France dément subir des actes de malveillance

Comments are closed.