KLM supprime un PNC sur long-courrier

Premier Boeing 787-9 Dreamliner de KLM - Source : KLM / Patrick Kop et Desril Santoso Teguh

KLM va réduire la composition de ses équipages commerciaux sur 40% de ces vols long-courriers dès la fin octobre en supprimant une hôtesse ou un steward (PNC) en classe Economie. La mesure suscite l’opposition du principal syndicat de PNC.

Dans le cadre du plan Perform2020, la filiale néerlandaise d’Air France-KLM cherche à améliorer de 4% la productivité de ses salariés, un effort auquel doivent participer les personnels de cabine « comme leurs collègues au sol et dans le cockpit », selon la compagnie.

KLM avait ainsi proposé en juillet dernier d’affecter un des deux chefs de cabine sur long-courrier au service en classe Affaires, ce qui aurait permis d’atteindre le gain de productivité souhaité. Cependant, les responsabilités du chef de cabine sont définies dans les conventions collectives qui ne peuvent être modifiées sans l’accord des syndicats de PNC. Or ceux-ci refusent de négocier sur le sujet avec la direction tant qu’un litige, portant sur les pensions de retraite, n’aura pas été réglé.

« Par voie de conséquence, KLM est contrainte de chercher une solution alternative dans le périmètre des actuelles conventions collectives » , explique la compagnie. Ainsi, dès le début de la saison hiver, le 30 octobre 2016, les vols assurés en gros-porteurs d’environ 300 sièges (Boeing 777-200ER, Airbus A330-300 et Boeing 787-9) comprendront un PNC de moins en classe Economie mais toujours deux chefs de cabine. La décision affecte 40% des opérations long-courriers. « Cette solution permet de minimiser l’impact sur les passagers tout en générant une grande partie des 4% souhaités pour l’augmentation de la productivité » , estime KLM.

La compagnie ajoute qu’elle désire entamer un dialogue avec les syndicats de PNC « dans le but de trouver d’autres mesures offrant le même résultat » en termes de productivité.

La réaction de la principale organisation syndicale de PNC ne s’est pas faite attendre : VNC reconnaît que la décision de KLM respecte la réglementation sur la sécurité, avec 1 PNC pour 50 passagers, mais déplore que la compagnie « embrasse le modèle low-cost » . Selon lui, la mesure entrainera une augmentation de 20% de la charge de travail pour les PNC sur 777-200ER. De plus, elle va « à l’encontre de la philosophie de KLM qui veut se concentrer sur le client » , selon le syndicat.

Par ailleurs, VNC estime que KLM va « aux limites » de ce qui est permis par les conventions collectives et s’inscrit « dans la zone grise » de ces accords. Pour le moment, le syndicat consulte ses juristes et recueille l’opinion de ses adhérents.

Photo Boeing 787-9 Dreamliner de KLM – Source : KLM / Patrick Kop et Desril Santoso Teguh