CDG Express : Air France opposée à une taxe sur les billets d’avion

Boeing 777 d'Air France à l'aéroport Paris Charles de Gaulle - © Air France

Air France se dit opposée à un projet gouvernemental qui pourrait financer en partie la création du CDG Express en levant une nouvelle taxe sur les passagers aériens dès 2017, soit 6 ans avant sa mise en service. La Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM), qui regroupe les principales compagnies aériennes françaises, dont Air France, s’inquiète aussi de cette mesure et propose des solutions alternatives.

« Le prélèvement d’une nouvelle taxe sur les billets d’avion, s’il était mis en oeuvre, pèserait sur les comptes des compagnies opérant au départ et à destination de Roissy-Charles de Gaulle, à commencer par ceux de la principale compagnie française« , a déploré Air France dans un communiqué le 26 août. Selon ses calculs, la compagnie subirait un coût additionnel de 17 millions d’euros par an dès 2017, « dans l’hypothèse basse d’un prélèvement de 1 euro par passager » .

Air France estime qu’une telle mesure « réduirait l’impact des efforts » réalisés par ses employés pour améliorer la compétitivité de la compagnie aérienne, dans un secteur du transport aérien « très concurrentiel » .

Tout en rappelant qu’Air France est favorable au projet Roissy-Charles de Gaulle Express, le PDG de la compagnie, Frédéric Gagey, souligne que « nous sommes tout à fait réticents à l’idée de garantir, via une taxe sur les billets d’avion, la rentabilité financière d’un projet porté par d’autres opérateurs (SNCF Réseau et Paris Aéroport, ndlr) » .

Le dirigeant rappelle qu’en ce qui la concerne, Air France « ne peut s’appuyer que sur ses propres ressources » pour réaliser des investissements, « dans de nouveaux avions par exemple » . « Cette règle doit prévaloir dans tous les domaines » , ajoute le PDG.

La compagnie insiste aussi sur « la nécessité absolue » d’un cadre fiscal lui permettant de maintenir « l’attractivité de son offre commerciale » et donc « de poursuivre son développement » .

Le projet de créer une taxe sur les billets d’avion pour le financement du projet CDG Express est évoqué depuis plusieurs années mais le gouvernement « songe » à l’inscrire dans le collectif budgétaire de fin d’année « pour une application en 2017 » , selon le journal Les Echos du 25 août.

Inquiétudes de la FNAM 

Dès juillet 2016, la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM), s’était opposée à la création de cette taxe. « Les passagers aériens n’étant pas disposés à payer plus cher les billets d’avion, cette taxe portera de fait sur les compagnies aériennes, sous forme de charges additionnelles impactant directement et plus particulièrement la marge des compagnies aériennes françaises basées en France. Ceci est en complète contradiction avec la recherche d’une meilleure compétitivité de la plateforme » de Paris-Charles de Gaulle, indiquait alors la Fédération, qui regroupe notamment Air France, Air Calédonie International, Corsair, Air Caraïbes, XL Airways, Aigle Azur, Hop!, Transavia France, Airbus Transport International, Chalair, etc.

Si cette taxe était levée, la FNAM estime le coût annuel pour ses adhérents « à près de 20 millions d’euros, soit près de 120 millions d’euros avant la mise en exploitation » du CDG Express. Ainsi, elle souhaite donc que d’autres sources de financement soient identifiées, citant par exemple un partenariat public-privé, une taxe Grand Paris, ou des prélèvements sur la recette des parcs de stationnements du Groupe ADP.

Dans l’éventualité où le choix de financement finalement retenu prendrait quand même la forme d’une taxe passagers, la FNAM demande que cette taxe soit alors « compensée par la réduction équivalente d’une autre taxe imputée aux compagnies aériennes » desservant Paris-Charles de Gaulle.

La Fédération s’inquiète que l’équilibre économique de la liaison ne soit pas assurée. « On voit se dessiner un scénario pour lequel les coûts d’investissements ayant divergé, la fiabilité de la desserte n’étant pas maitrisée, et les niveaux de trafic non atteints, la nouvelle taxe sur les passagers sera non seulement pérennisée, mais fortement augmentée » , précise-t-elle.

Le projet « CDG Express » consiste en la mise en service, à l’horizon 2023, d’une ligne ferroviaire directe dédiée entre Roissy-Charles de Gaulle et la Gare de l’Est permettant ainsi de relier l’aéroport à la ville en 20 minutes.

Tout en étant favorable au projet, la FNAM soulève des questions sur le business model de cette liaison, dont le prix du billet serait d’au moins 21 euros (estimation 2014). Lorsque la ligne 17 du Grand Paris sera en place, une partie de la clientèle affaires pourrait être tentée par la formule car cette ligne permettra un meilleur accès à l’ouest parisien que CDG Express, selon la Fédération. Enfin, pour les touristes en famille, la tarification des taxis, désormais forfaitisée sera vite plus attractive.

Selon les estimations de Charles-de-Gaulle Express Études, l’investissement relatif à CDG Express aurait un coût prévisionnel de 1,65 à 1,9 milliard d’euros pour 7,3 millions de passagers annuels.

Carte - projet Liaison CDG Express en juin 2014

One thought on “CDG Express : Air France opposée à une taxe sur les billets d’avion

  1. En ce qui me concerne, pour les vols long courriers en transit, je privilégierai une escale hors Paris (Amsterdam par exemple) voire un vol direct au départ de Genève plutôt que CDG si les provinciaux continuent d’être surtaxés pour des services parisiano-parisiens tels que la RATP ou cette liaison ! y en a plus que marre !
    Les parisiens paient-ils pour les Transports en commun lyonnais ? Paient-ils pour le Rhonexpress ?

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