Air France : 11 syndicats demandent des engagements fermes à J-M Janaillac

Airbus A380 d' Air France - © Air France

Onze organisations professionnelles membres de l’intersyndicale Air France ont demandé mercredi à Jean-Marc Janaillac, le nouveau PDG du groupe Air France-KLM, « une feuille de route stable et des engagements fermes » sur la stratégie à long terme et la politique sociale de leur compagnie, tout en se disant déterminées à défendre leur point de vue par « quelque moyen que ce soit » .

Jean-Marc Janaillac, qui a succédé le 4 juillet dernier à Alexandre de Juniac à la tête d’Air France-KLM, s’est donné jusqu’au mois de novembre pour définir un plan d’action et construire un nouveau pacte social. D’ores et déjà, l’intersyndicale Air France l’invite à être « un vrai capitaine d’industrie qui aura à cœur de valoriser le potentiel humain et industriel d’une entreprise quasi séculaire, porteuse des valeurs ‘à la française’ et économiquement efficace » , selon un communiqué daté du 3 août.

Après la grève des pilotes en juin et des hôtesses et stewards en juillet/août, l’intersyndicale Air France, qui fête son premier anniversaire, se prévaut « d’une reconquête sans précédent du rapport de force » face à la direction. Elle demande « une feuille de route stable et des engagements fermes » de la part de M. Janaillac sur des sujets comprenant la durée de son mandat, la stratégie de développement sur le long terme, le plan prévisionnel de flotte, le plan prévisionnel d’embauches et la politique sociale.

Selon les syndicats, cela passe par le rééquilibrage de l’activité moyen-courrier et long-courrier entre Air France et KLM; l’augmentation en propre de la flotte avion Air France, sur moyen-courrier et long-courrier; des « embauches conséquentes » pour les personnels au sol, les PNC (hôtesses et stewards) et les PNT (pilotes); une augmentation générale des salaires, bloqués selon eux depuis 5 ans; et l’arrêt de la sous-traitance des lignes et activités propres à Air France.

L’intersyndicale demande également à M. Janaillac, « comme il s’y est engagé » , de « faire prendre ses responsabilités à notre gouvernement afin que cessent les surtaxations et autres prélèvements iniques sur le transport aérien français » .

« Le Groupe AF-KLM a trop souffert par le passé d’être la vache à lait des gouvernements successifs et de quelques hauts fonctionnaires en mal de pouvoir et d’argent. Aujourd’hui, plus que jamais et alors que le trafic aérien mondial est en pleine croissance, que nos produits et services ‘à la française’ sont plébiscités par les voyageurs du monde entier, le Groupe AF-KLM a besoin d’une stratégie sur le long terme menée par des dirigeants compétents et attachés à l’entreprise » , expliquent les organisations syndicales.

Au passage, elles étrillent Alexandre de Juniac, qui a démissionné « alors que le Groupe est en plein tourment social, alors qu’Air France s’est vue spoliée d’une partie de son activité long-courrier et moyen-courrier au profit de sa consoeur KLM entraînant par là même la disparition de milliers emplois, de dizaines de coques avion, de parts de marché… et, en conséquence, d’une richesse de plusieurs centaines de millions d’euros » .

L’intersyndicale, « représentant la majorité des salariés de l’entreprise » , veut « laisser une chance » à l’instauration d’une nouvelle politique sociale et industrielle à l’occasion de l’arrivée de M. Janaillac, mais prévient : « nous ne baisserons pas la garde et resterons vigilants » .

« Nous sommes plus que jamais déterminés à donner un destin progressiste à l’avenir de notre contrat social au sein d’une entreprise ambitieuse et ce par quelque moyen que ce soit » , conclut le texte signé par des syndicats représentant les différentes catégories de personnels d’Air France (SNPL, SPAF, Alter, SNPNC-FO, UNSA-PNC, UNAC, UNPNC, CFTC, FO, CGT, Solidaires).

Pour mémoire, les trois syndicats de pilotes, SNPL, SPAF et Alter, ont accepté, à la demande de Jean-Marc Janaillac, avant qu’il ne prenne ses fonctions, de ne pas lancer de nouveaux mouvements sociaux jusqu’au 1er novembre, en échange de quoi les dernières mesures d’économie du plan Transform, entrées en vigueur le 1er juin et conduisant à une baisse de la rémunération des pilotes, ont été suspendues.

L’UNAC, qui avait appelé les PNC d’Air France à cesser le travail du 28 juillet au 02 août comme le SNPNC et l’UNSA, a pour sa part annulé son préavis et l’a reporté du 14 au 17 octobre 2016.

Photo Air France