Trafic aérien en France : +0,6% en juin, malgré les grèves

Airbus A320 d'Air France à Paris Charles de Gaulle - © Air France

Selon l’étude mensuelle TendanCiel de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), le trafic aérien a continué à progresser en juin 2016 et s’établit à +0,6%, malgré quatre journées de grève interprofessionnelles qui ont affecté le contrôle aérien (les 2, 14, 23 et 28) et un mouvement de grève des pilotes d’Air France (du 11 au 14).

La DGAC évalue ainsi l’effet grève sur la croissance à 2,1 points pour le dernier mois. En cumul annuel, au terme du premier semestre, la progression du nombre de voyageurs aériens passe sous la barre des 3% pour s’établir à 2,7%.

Comme en mai, c’est le trafic intérieur qui a principalement animé le marché (+1,6%) grâce notamment à de bonnes performances réalisées sur les lignes transversales métropolitaines (+5,8%) ainsi que sur les liaisons reliant la Métropole et l’Outre-Mer (+5,7%). Sur l’ensemble du semestre, la progression de la fréquentation des lignes nationales s’élève à 3,1% et, pour la première fois depuis 2001, le seuil de quinze millions de passagers intérieurs transportés est atteint dès juin.

Pour le second mois consécutif, le trafic international est à la peine (+0,4%) ; sur le semestre, il affiche même une croissance inférieure à celle du trafic national (+2,6%). À l’exception de l’Union européenne avec laquelle les échanges demeurent très dynamiques (+6,2%), la tendance est particulièrement défavorable avec le reste du Monde (-7,9%) et se vérifie sur l’ensemble des marchés avec un recul atteignant -8,3% pour la zone Asie-Pacifique et -15,1% pour l’Afrique (avec une pointe à -18,4 % enregistré sur le Maghreb). Sur le premier semestre, si la croissance reste vive avec l’Union européenne (+5,4%), elle est désormais négative avec le reste du Monde (-1,1%) sauf avec l’Amérique (+1,4%) qui a bénéficié d’un excellent premier trimestre.

C’est côté pavillon que se font ressentir le plus clairement les effets de la grève ayant touché la première compagnie française. Les transporteurs nationaux ont régressé au national (-0,8%) et plus encore à l’international (-5,8%) alors que leurs concurrents ont respectivement progressé de +13,0% et +3,5% sur chacun de ces marchés. Au final, le différentiel de croissance en défaveur des transporteurs hexagonaux se chiffre à 8 points en juin et atteint en cumul annuel 4,5 points au terme du semestre. En part de marché observée en cumul annuel, l’érosion du pavillon tricolore s’intensifie quelque peu : -1,1 point en nombre de passagers (contre -0,8 au terme du mois précédent), -0,5 point en mesure passagers kilomètre transportés (contre -0,4 points sur les cinq premiers mois).

En termes d’évolution de fréquentation, la situation des principales plateformes est une nouvelle fois particulièrement contrastée. À Paris, l’affluence a diminué de 1,7% avec comme depuis le début de l’année, une fortune très inégale entre CDG (-3,9%) et Orly (+3,2%). En région, si Lyon (+12,0%), Bordeaux (+8,3%) et Nantes (+7,2%) décrochent une fois de plus la palme des plus belles progressions, Beauvais connaît son second décrochage consécutif à plus de 10 points (-10,5%). Sur l’ensemble du semestre, à l’exception de Beauvais (-6,6%), CDG (juste à l’équilibre) et Marseille (+1,8%), tous les autres grands aéroports ont connu une croissance d’activité significative au moins supérieure à 3%.

Les perturbations du trafic engendrées par les divers mouvements sociaux de juin se sont traduites par une sévère dégradation des indicateurs relatifs au retard au départ : la proportion de vols retardés de plus d’un quart d’heure a atteint 34,5% (soit +11,9 points) ; le retard moyen a grimpé à 19,6 minutes (soit +7 minutes). Ces indicateurs ont atteint leur niveau mensuel le plus dégradé depuis le début de leur publication en 2014 ; ils ont même culminé le 23 juin à 68,3% et 45,1 minutes.

L’évolution du nombre de mouvements contrôlés en France métropolitaine en juin semble plutôt à rebours de celles du nombre de passagers transportés. La progression des vols touchant la Métropole (+1,7%) est assurée par celles des liaisons à l’international et avec l’Outre-Mer (+2,5%) alors que les vols domestiques s’affichent en repli (-0,2%). La progression du nombre total de mouvements (+3%) demeure solidement assurée par celle des survols (+4,3%).

Source : DGAC – Photo : Air France