Lufthansa signe un accord de long terme avec ses hôtesses et stewards

Lufthansa : équipage / personnels de cabine / hôtesses et stewards

Après de longues négociations sous la houlette d’un médiateur, Lufthansa et le syndicat UFO, représentant les hôtesses et stewards, sont parvenus à une série d’accords valables pendant plusieurs années, prévoyant un nouveau système de retraite, des augmentations de salaire, des garanties sur l’emploi et un mécanisme pour éviter les grèves.

Lufthansa et UFO ont annoncé le 5 juillet à Berlin qu’ils avaient accepté les recommandations du médiateur Matthias Platzeck, ancien Premier ministre de la région de Brandebourg qui s’évertuait depuis six mois à trouver un compromis entre les parties. « La conclusion d’un accord global et faire en sorte qu’il n’y ait plus besoin pour les personnels de cabine de recourir à la grève dans les années à venir étaient extrêmement important pour Lufthansa et ses personnels » , a déclaré, soulagée, Bettina Volkens, la DRH de Deutsche Lufthansa AG, citée dans un communiqué.

Un accord sur les salaires est mis en place jusqu’au 30 juin 2019. Les 19.000 hôtesses et stewards recevront une augmentation de salaire de 1% à compter du 1er octobre 2016, et de 2% supplémentaires à partir du 1er janvier 2018.

Le système des retraites est revu en profondeur et sera valide jusqu’en 2023. Au lieu de garantir une pension fixe, l’entreprise abondera 5,2% du salaire sur un fonds de pension, transférant le risque lié à l’évolution des taux d’intérêt à ses employés. La mesure permettra d’économiser environ 70 millions d’euros par an, selon l’agence Reuters. Lufthansa a déjà signé un accord de la sorte avec ses personnels au sol. Le nouveau système permet par ailleurs aux hôtesses et stewards de prendre leur retraite à partir de 55 ans.

Les parties se sont également mises d’accord sur plusieurs mécanismes de résolution de conflit qui resteront en place jusqu’en 2023. La compagnie peut, par exemple, faire appel à un médiateur quand un appel à la grève est déclenché, rendant ainsi le processus d’arbitrage quasiment obligatoire en cas de mouvement social.

En parallèle, Lufthansa s’engage à ne procéder à aucun licenciement parmi son personnel de cabine jusqu’en 2021. En outre, ses avions ne pourront être opérés avec du personnel extérieur jusqu’en 2023. La compagnie assure d’ailleurs qu’elle offre « de bonnes perspectives de carrière » , ayant annoncé en janvier qu’elle avait l’intention de recruter 1.400 hôtesses et stewards cette année.

En parallèle, Lufthansa et UFO se sont fixés l’objectif d’abaisser de 10% le coût de l’heure de vol pour les personnels de cabine par rapport à ce qui était prévu jusqu’ici.

Les parties sont également convenues d’une nouvelle structure de rémunération qualifiante pour le personnel de cabine. Ainsi, l’entreprise offrira un cours de formation de dix-huit mois (niveau baccalauréat) en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie. « Cela permettra à Lufthansa d’augmenter encore le  niveau de qualification déjà élevé et le service de son personnel » , selon la compagnie. A l’avenir, seuls les agents de bord qui auront suivi cette formation seront admissibles à une rémunération supérieure à 2.150 euros par mois.

« Avec le médiateur et UFO, nous avons réussi à trouver une solution à la table de négociation, loin des yeux du public » , a souligné la DRH de Lufthansa. « Ce fut difficile de parvenir à un accord dans lequel les deux parties ont dû faire des concessions par rapport à leurs positions d’origine. Le compromis trouvé démontre que l’effort en valait la peine » , a-t-elle estimé.

Tentant de réduire ses coûts, Lufthansa avait essuyé en novembre dernier la plus longue grève de son histoire : à l’appel d’UFO, les hôtesses et stewards avaient alors cessé le travail pendant une semaine. C’est à la suite de ce conflit que les deux parties avaient décidé de recourir à la médiation.

Photo Lufthansa

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