MS804 : des incidents à répétition sur l’A320 d’EgyptAir ?

Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d'EgyptAir SU-GCC https://commons.wikimedia.org/wiki/File:EgyptAir_Airbus_A320_(SU-GCC)_on_finals_at_Ataturk_Airport.jpg?uselang=fr

Le système ACARS de l’Airbus A320 d’EgyptAir qui s’est abîmé le 19 mai en Méditerranée aurait signalé des dégagements de fumée à bord au cours des trois vols précédant l’accident.

Le journal Le Parisien, qui ne mentionne pas ses sources, croit savoir que trois alertes signalant des dégagements de fumée ont été transmises par le système ACARS un peu plus tôt dans la journée du 19 mai lors des différentes rotations de l’Airbus A320 entre l’Erythrée, la Tunisie, l’Egypte et la France. « Les trois anomalies ont été relevées à chaque fois au moment du décollage de l’appareil d’EgyptAir à Asmara, en Erythrée, à Tunis, en Tunisie, et au départ du Caire, en Egypte » , précise le quotidien.

Ces alertes n’ont « visiblement pas inquiété outre mesure » les pilotes qui ont poursuivi le programme de vol et n’ont signalé aucun incident lors de la dernière escale à Paris.

La chaine de Télévision France 3, qui ne cite pas davantage ses sources, va un peu plus loin et affirme de son côté que l’A320 « a été contraint de faire demi-tour et de se poser en urgence à au moins trois reprises au cours des 24 heures précédant le crash » , précisément à cause des alertes signalées par le système ACARS. Ces procédures « ont occasionné à chaque fois une vérification technique au sol qui s’est révélée négative puisque l’appareil a pu redécoller et poursuivre sa route au-dessus de la Méditerranée » , selon France 3.

Une défaillance du système ACARS n’est donc pas à exclure. « Sauf que le système Acars ‘se trompe rarement’ « , selon un pilote interrogé par Le Parisien.

Si ces informations étaient vérifiées, elles accréditeraient plutôt la thèse d’un incident technique plutôt que la piste terroriste pour expliquer la tragédie.

Pour autant, interrogé sur France Info ce jeudi matin, le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies a dit « ne pas confirmer » ces informations. « Je ne confirme pas, j’ai vu ces informations, je n’en connais ni la source, ni le sérieux, donc pour moi ça reste une interrogation » , a déclaré Alain Vidalies.

Selon le secrétaire d’Etat, la piste terroriste « ne s’éloigne pas, ne se rapproche pas. Nous avons trois éléments : un évènement brusque qui peut aller dans le sens d’une explication d’un attentat, par contre nous avons d’autres informations qui vont plutôt dans le sens d’un accident » .

Deux jours après le crash, le BEA a confirmé la transmission par l’A320 d’une série de messages ACARS, mais juste avant qu’il ne disparaisse. Ces messages signalaient notamment la présence de fumée dans les toilettes et dans la soute avionique, située sous le poste de pilotage. Le BEA précisait alors « qu’il est beaucoup trop pour interpréter et comprendre les causes de l’accident tant que nous n’avons retrouvé ni l’épave, ni les enregistreurs » . 

Un signal pouvant provenir de l’un de ces enregistreurs a été détecté mercredi. Un navire équipé d’un robot sous-marin en vue de les récupérer arrivera sur zone autour du 10 juin.

Photo Mehmet Mustafa Celik CC BY-SA 4.0 : Airbus A320 d’EgyptAir SU-GCC

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