Ryanair : le bénéfice s’envole, le prix des billets va baisser de 7%

Ryanair : équipage

Ryanair a annoncé lundi un bénéfice avant impôts de 1,2 milliard d’euros pour l’exercice 2015-2016, en augmentation de 43% en un an. Elle prévoit de diminuer le prix de ses billets d’avion de 7% en moyenne cette année pour maintenir ses positions concurrentielles tandis qu’elle augmente sa capacité.

La low-cost irlandaise a publié le 23 mai d’excellents résultats. La première compagnie aérienne d’Europe a transporté 18% de passagers supplémentaires lors de son exercice 2015-2016 en comparaison du précédent : 106,4 millions de voyageurs ont emprunté ses lignes. Le coefficient de remplissage atteint le chiffre élevé de 93%, cinq points de plus qu’un an plus tôt. Avec ceci, le bénéfice avant impôts augmente de 43%, passant de 843 millions d’euros en 2014-2015 à 1,2 milliard d’euros pour l’exercice clos au 31 mars 2016. A 6,5 milliards d’euros, le chiffre d’affaire progresse de 16%. La marge nette gagne 4 points de pourcentage et atteint 19%.

Ryanair est parvenue à baisser son coût unitaire, un point sur lequel elle se concentre « de façon obsessionnelle » selon Michael O’Leary, le directeur exécutif de Ryanair, cité dans un communiqué. Ce coût unitaire est en baisse de 6% pour le dernier exercice, de 2% hors carburant, et ce malgré « notre expansion continue sur les aéroports primaires, l’impact négatif du taux de change euro/livre sterling, et les coûts liés à la mise en oeuvre du programme d’amélioration des services Always Getting Better » , explique le dirigeant.

Michael O’Leary s’attend à ce que « l’écart important de coût unitaire qui sépare Ryanair de ses concurrents européens continue de croître dans les années à venir grâce à des avions plus efficients, des économies sur la facture carburant, davantage de contrats avec les aéroports pour assurer leur croissance, des financements dans des conditions plus avantageuses, et une amélioration de la productivité des pilotes et personnels de cabine » .

Pour l’exercice 2016-2017, la réduction du coût unitaire hors carburant devrait atteindre 1%. En parallèle, la compagnie espère réduire de 200 millions d’euros sa facture carburant : 95% des achats de carburant sont couverts pour l’exercice 2016-2017, sur la base d’un baril à 62 dollars et d’un cours euro/dollar à 1,18. Pour l’exercice 2017-2018, la compagnie a couvert 44% de ses achats futurs sur la base d’un baril à 50 dollars.

Le prix des billets va baisser de 7%

« Nous prévoyons de faire bénéficier nos clients de la plupart sinon de la totalité de ces économies de carburant, avec des tarifs aériens plus bas » , assure le dirigeant de Ryanair.

Il s’agit aussi de soutenir le remplissage des avions « alors que nous allons augmenter la capacité sur les principaux marchés en Europe au cours des 12 prochains mois » , prévient-il.

« Nous nous attendons, avec une visibilité très limitée, à ce que nos tarifs chutent de -7% pour l’exercice en cours » , annonce Michael O’Leary, soit de -5 à -7% pour le premier semestre (avril à septembre 2016), et de -10% à  -12% pour le second semestre (octobre 2016 à mars 2017).

Pour référence, le prix moyen du billet a atteint 46,67 euros en 2015-2016 (en baisse de -1% par rapport à l’exercice précédent).

Dans ces conditions, la low-cost avertit que la croissance de son bénéfice va ralentir durant l’exercice 2016-2017, pour atteindre 1,375 à 1,425 milliard d’euros, soit environ 13% de plus qu’en 2015-2016. Elle prévoit que son trafic augmentera de 9%, à 116 millions de passagers, avec un coefficient de remplissage stable (93% comme cette année). Les réservations pour cet été sont en progression de 2% par rapport à la même époque de l’année dernière, mais à des tarifs inférieurs.

Cependant, ces prévisions restent « largement dépendantes des réservations pour l’été, des rendements pour l’hiver prochain, de la tenue de la livre sterling et de l’absence de choc extérieur ou de grèves supplémentaires du contrôle aérien » , souligne le directeur exécutif de Ryanair.

Sans parler d’une éventuelle sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne, que redoute la compagnie. Le Brexit, sur lequel les britanniques seront amenés à se prononcer le 23 juin prochain, pourrait « endommager la croissance de l’économie et la confiance des consommateurs au Royaume-Uni pendant 2 ou 3 ans alors que la pays négociera sa sortie et de nouveaux traités avec le marché unique dans des conditions très incertaines » .

Un réseau et une flotte en expansion

Ryanair va poursuivre sa croissance : elle prévoit de prendre livraison de 52 Boeig 737 cette année, pour porter sa flotte à 380 appareils (compte tenu des retraits). Sept nouvelles bases ont été annoncées dans le cadre des horaires d’hiver : Bucarest, Hambourg, Nuremberg, Prague, Sofia, Timisoara et Vilnius.

Sept autres ont été ouvertes durant l’exercice 2015-2016 : Belfast, Berlin, Corfou, Göteborg, Ibiza, Milan-Malpensa et Saint Jacques de Compostelle. En parallèle, plus de cent nouvelles lignes ont été lancées. Cette expansion a été soutenue par l’arrivée de 41 737-800 NG.

La transformation de Ryanair

Tout en présentant ces résultats et perspectives, Michael O’Leary attribue les performances de Ryanair au « succès » du programme d’amélioration des services « Always Getting Better » , lancé il y a deux ans, qui a transformé la low-cost en corrigeant « tout ce que les clients détestaient » , de l’aveu du dirigeant.

« Au cours des deux dernières années, nous avons vu notre coefficient de remplissage passer de 83% à 93%, tandis que notre trafic a progressé de 80 millions à plus de 106 millions de passagers annuellement. Nous avons amélioré les horaires et donné plus de choix aux clients. Nous avons augmenté notre présence sur les aéroports primaires. Nous avons amélioré l’expérience en vol avec des sièges slim-line offrant plus d’espace pour les jambes et doté nos nouveaux avions du Sky Interior de Boeing. Notre personnel de cabine porte un nouvel uniforme dont il a participé à la conception » , énumère Michael O’Leary.

Ryanair a présenté le mois dernier les initiatives qu’elle compte prendre pour la troisième et dernière année de ce programme, plus axée sur le développement des services numériques.

Photo Ryanair

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