Crash d’EgyptAir : pour le président égyptien, tous les scénarios restent possibles

Forces armées égyptiennes : débris du vol MS804 d'EgyptAir

Trois jours après le crash du vol MS804 d’EgyptAir dans la nuit de mercredi à jeudi en Méditerranée, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré que toutes les hypothèses sont envisagées et prévenu que l’enquête pourrait être longue.

Le président égyptien s’exprimait pour la première fois publiquement depuis l’accident. « Jusqu’à présent, tous les scénarios sont possibles. Il est très important que nous ne parlions pas d’un scénario spécifique » , a déclaré dimanche Abdel Fattah al-Sissi.

Ses propos étaient en premier lieu destinés à la presse, priée de ne pas spéculer sur les causes du crash. Mais ils viennent aussi recadrer quelque peu le ministre égyptien de l’aviation civile, qui avait privilégié la thèse de l’attentat quelques heures seulement après la catastrophe.

Le chef de l’Etat égyptien a également prévenu dimanche que l’enquête pourrait « prendre longtemps » . Mais « personne ne peut cacher les choses. Dès que les résultats seront connus, les gens seront informés » , a-t-il assuré.

Trois jours après l’accident, la thèse de l’incident technique ne peut être exclue. Il n’y a eu aucune revendication crédible, contrairement au crash de l’A321 de Metrojet dans le Sinaï en octobre dernier. Surtout, des messages ACARS ont signalé la présence d’une épaisse fumée à l’avant de l’appareil ainsi que la défaillance des systèmes de commandes de vol. Pour autant, rien ne dit que la fumée ne soit pas la conséquence d’un geste volontaire.

Airbus a par ailleurs indiqué samedi que l’analyse de ces messages ACARS « ne permet pas d’établir la séquence des événements qui expliquerait la perte du vol MS804 » , selon AVHerald. « En attendant que plus de données soient rendues disponibles (en particulier avec l’analyse des enregistreurs de vol et les débris de l’avion), Airbus n’a pas de recommandation spécifique à soulever à ce stade de l’enquête » .

La commission d’enquête sur les accidents égyptienne a fait savoir dimanche qu’elle s’attachait à réunir la documentation sur l’appareil et sur l’équipage, ainsi que les données du contrôle aérien et de la maintenance de l’avion, les messages ACARS et les autres communications.

En mer, les opérations entre la Crête et la côte Nord de l’Egypte ont permis de repêcher les premiers débris de l’A320. Des photos et vidéos diffusées samedi par les forces armées égyptiennes montrent un morceau de carlingue déchiqueté, un gilet de sauvetage déplié, et des effets des 66 personnes se trouvant à bord. Des restes humains ont aussi été retrouvés. Ils seront expédiés au Caire afin d’être comparés à l’ADN des familles des victimes pour être identifiés, mais la procédure pourra prendre « des semaines« , a indiqué EgyptAir.

Les enregistreurs de vol n’ont pas encore été localisés mais les recherches se poursuivent. L’Egypte a envoyé dimanche un sous-marin détaché du ministère du pétrole « qui peut plonger à 3.000 mètres de profondeur » , selon le président Sisi. « Nous travaillons dur pour sauver les boites noires » , a-t-il ajouté. Leur balise devrait émettre un peu plus d’un mois avant que les batteries ne s’épuisent.

Forces armées égyptiennes : débris du vol MS804 d'EgyptAir

Forces armées égyptiennes : débris du vol MS804 d’EgyptAir

Forces armées égyptiennes : débris du vol MS804 d'EgyptAir

Forces armées égyptiennes : débris du vol MS804 d’EgyptAir

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