Aeroflot renonce à 13 routes internationales de Transaero

Sergey Kustov CC BY-SA 3.0 : Boeing 777-300ER d'Aeroflot à l'aéroport de Moscou Cheremetievo https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Aeroflot_Boeing_777-3M0ER_Kustov.jpg?uselang=fr

Le groupe russe Aeroflot renonce à ses droits d’exploiter treize routes internationales précédemment opérées par la défunte Transaero, une décision qui vise, selon lui, à « respecter les principes du marché » et en premier lieu celui « d’une concurrence loyale » .

« Le Conseil d’administration d’Aeroflot a pris la décision de céder ses droits de trafic sur plusieurs routes pour ne pas occuper une position dominante sur le marché russe » , a fait savoir la compagnie aérienne le 28 avril dans un communiqué.

Le choix des routes auxquelles renonce Aeroflot est fondée sur sa stratégie de développement ainsi que sur l’état actuel et le potentiel de ces différents marchés internationaux. Sa décision a été notifiée le 26 avril au ministère des Transports de Russie. Elle vise à soutenir « la libéralisation du marché du transport aérien en Russie » . La compagnie, qui est détenue par l’Etat russe, estime en effet que cela permettra à d’autres compagnies aériennes russes de se développer, « ce qui sera bénéfique pour le secteur dans son ensemble » .

La démarche s’analyse comme la volonté de l’Etat russe de favoriser la croissance d’autres compagnies aériennes du pays, Aeroflot ayant déjà atteint une taille suffisante.

Aeroflot « n’a aucun désir de détenir un monopoleur sur le marché russe, et prévoit de maintenir sa part de marché, y compris au regard des compagnies aériennes étrangères, en-dessous de 50% » , ajoute d’ailleurs le groupe dans son communiqué.

Par ailleurs, la Russie enregistre une baisse du trafic international : sur les trois aéroports de Moscou (Cheremetievo, Domodedovo et Vnukovo), le nombre de passagers a reculé de -7,5% sur les trois premiers mois de 2016 en comparaison de la même période de 2015 (voire -14,3% pour les seules compagnies aériennes russes), selon les dernières données publiées par l’agence fédérale russe du transport aérien, Rossaviatsa.

Aeroflot renonce ainsi à exploiter les fréquences de Transaero sur les routes : Moscou-New York (sept vols par semaine); Moscou-Palma de Mallorca (trois vols par semaine), et Moscou-Ho Chi Minh-Ville (quatre vols par semaine).

Sa filiale Rossiya Airlines renonce de son côté à des fréquences sur Moscou-Hong Kong (trois vols par semaine); Moscou-Kokshetau au Kazakhstan (deux vols par semaine); Moscou-Madrid (sept vols par semaine); Moscou-Miami (sept vols par semaine); Moscou-Singapour (sept vols par semaine); Moscou-Toronto (cinq vols par semaine); Moscou-Francfort (quatorze vols par semaine); Moscou-Houston (cinq vols par semaine); St Petersburg-Londres (sept vols par semaine); et Moscou-Uralsk au Kazakhstan (deux vols par semaine).

S’agissant de fréquences « héritées » de Transaero, les routes qu’opérait déjà Aeroflot avant la disparition de sa rivale sont bien sûr maintenues (Moscou-New York, Moscou-Francfort,…).

Aeroflot s’est vue attribuer par les autorités de Russie 56 des 156 liaisons internationales de Transaero, qui a cessé ses opérations en octobre 2015. Les routes lui ont été transférées à titre de compensation pour les frais qu’elle a engagés en assumant la gestion opérationnelle et le transport de près de 2 millions de passagers en possession de billets Transaero – cette dernière étant dans l’incapacité de remplir ses obligations envers les clients.

Au total, Aeroflot a déboursé pour cette opération 17 milliards de roubles (232 millions d’euros) afin d’assurer la continuité du transport aérien en Russie. Elle a également créé 6.000 postes pour reprendre les anciens employés de Transaero qui auraient été laissés autrement sans emploi.

Photo Sergey Kustov CC BY-SA 3.0 : Boeing 777-300ER d’Aeroflot à l’aéroport de Moscou Cheremetievo