Les aéroports européens sont de plus en plus détenus par des capitaux privés

© Aéroports de la Côte d'Azur

Au moment où le gouvernement français lance la privatisation des aéroports de Lyon et Nice, une étude d’ACI Europe présentée le 08 mars 2016 constate que la part des investissements privés a pratiquement doublé en six ans en Europe.

Selon cette étude portant sur les 500 aéroports adhérant à ACI Europe, 41% des aéroports européens, soit 205 aéroports, ont maintenant des actionnaires privés, contre seulement 22% en 2010, dernière année où l’association avait mené cette enquête. Près de 39% de ces aéroports (79 aéroports) sont entièrement détenus par des capitaux privés, tandis que 61% (126 aéroports) font l’objet d’un partenariat public-privé.

« Il ne s’agit pas d’une évolution anecdotique pour notre industrie : ces changements sont vraiment transformateurs » , souligne Olivier Jankovec, directeur général d’ACI EUROPE. « Ils témoignent du fait que les aéroports sont maintenant gérés comme des entreprises axées sur le développement de la connectivité aérienne, l’efficacité opérationnelle, la qualité du service, la diversification des revenus et les investissements durables » .

La tendance est telle qu’aujourd’hui 75% des passagers aériens sont accueillis dans un aéroport comportant un actionnariat privé. Ce chiffre indique aussi que ces capitaux privés sont plus nombreux dans les grands aéroports que dans les plus petits. « Les petits aéroports régionaux ont tendance à être structurellement non rentables. Ces aéroports sont donc adaptés à une gamme plus limitée de modèles de fonctionnement privés » , explique ACI Europe.

Au sein de l’Union Européenne, sept pays continuent d’opérer des aéroports 100% détenus par l’Etat : la République tchèque, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie (pour le moment), le Luxembourg et la Slovaquie. A l’inverse, Chypre, la Hongrie, le Portugal, la Slovénie et le Royaume-Uni sont ceux où l’actionnariat privé est le plus important, suivis par la Belgique, Malte, l’Espagne et la France. Au total, 47% des aéroports comptent maintenant des actionnaires privés au sein de l’Union Européenne, contre 23% en 2010.

En dehors de l’Union Européenne, les participations privées sont nettement moins nombreuses, portant sur seulement 27% des aéroports, néanmoins en augmentation par rapport au 18% de 2010. Les aéroports de Biélorussie, d’Islande, d’Israël, du Monténégro et de Norvège sont tous détenus par leur Etat respectif, tandis que la propriété privée est la plus répandue en Albanie, Macédoine, Kosovo, Moldavie et Russie.

Le directeur général de l’organisation plaide pour « un cadre réglementaire qui reflète et favorise la transformation en cours – et aide à faire en sorte que le public voyageur continue de jouir des fruits d’un marché aéroportuaire sain et concurrentiel » .

En France, le gouvernement a donné le 10 mars le coup d’envoi à la privatisation partielle des aéroports de Nice-Côte d’Azur et Lyon-Saint Exupéry, respectivement troisième et quatrième aéroports français par le nombre de passagers. L’Etat entend céder la totalité de sa participation, soit 60%, les 40% restants étant détenus par les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et collectivités locales, qui disposent d’une minorité de blocage. Il avait déjà cédé en 2015 sa participation dans l’aéroport Toulouse-Blagnac.

Photo © Aéroports de la Côte d’Azur

Laissez un commentaire