Ryanair ferme deux bases en Italie

© Ryanair

Ryanair ferme au printemps prochain deux de ses quinze bases italiennes  en raison de l’augmentation de 40% de la taxe de départ passagers décidée par le gouvernement.

La low-cost irlandaise a annoncé le 2 février qu’elle fermera ses bases d’Alghero en Sardaigne et de Pescara dans les Abruzzes à partir du mois d’octobre 2016. Elle supprimera à la même date tous ses vols à destination de Crotone en Calabre. Au total, seize lignes sont suspendues. Les avions sont redéployés en Espagne, en Grèce et au Portugal, où ses activités « ne sont pas autant taxées » . Selon Ryanair, sa décision résultera dans la perte de 600 emplois, mais aussi de 800.000 passagers annuels pour les aéroports régionaux. La capacité est déplacée vers les aéroports de Milan et Rome.

Effective depuis le 1er janvier, l’augmentation de 40% de la taxe de départ passagers (qui passe de 6 à 9 euros par voyageur) est destinée à « subventionner les caisses d’allocation chômage des ex-pilotes d’Alitalia » , selon Ryanair.

« Après une année record pour le tourisme en Europe et une autre année importante à venir, le gouvernement italien a décidé de se tirer une balle dans le pied » , déplore David O’Brien, directeur commercial de Ryanair. « Cette augmentation va endommager sérieusement le tourisme en Italie, en particulier dans les aéroports régionaux où Ryanair apporte des millions de visiteurs chaque année, ce qui contribue à l’économie locale et à l’emploi grâce aux millions d’euros dépensés par les visiteurs. En fait, à une époque où le chômage des jeunes dépasse 40%, le tourisme est l’un des rares secteurs qui peuvent stimuler la création rapide d’emplois pour les jeunes de ces régions en Italie » , ajoute-t-il.

« L’Italie devient moins compétitive et moins attrayante pour les compagnies aériennes et les touristes au moment où de plus en plus de clients évitent cette année le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord en réservant des vacances au bord de la Méditerranée. L’Italie fournit ainsi une occasion en or pour stimuler la croissance vers des destinations comme l’Espagne, le Portugal et la Grèce, qui ont des coûts inférieurs pour le tourisme. Ryanair demande au gouvernement italien d’éliminer cette augmentation fiscale dommageable et l’appelle à une réunion d’urgence afin de sauver le tourisme, le trafic et l’emploi en Italie » , poursuit le dirigeant.

Cette mesure fiscale du gouvernement italien a également été vivement critiquée par l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA), qui regroupe environ 200 compagnies aériennes dans le monde. « Elle portera atteinte à la compétitivité de l’économie italienne et résultera dans la perte de 2.300 emplois » , a estimé le 25 janvier l’IATA dans un communiqué, en ajoutant que le manque à gagner pour l’économie italienne s’élèvera à 146 millions d’euros par an. Selon l’association, l’augmentation a été décidée « sans avertissement préalable et sans concertation » .

« Ailleurs en Europe, comme aux Pays-Bas et en Irlande, l’expérience a montré que la diminution de la fiscalité stimule le trafic aérien et profite à l’économie du pays » , a souligné l’IATA.

Photo Ryanair

 

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