EasyJet : des graffitis en arabe découverts sur quatre avions en France

Avions d' easyJet à Londres Gatwick - © easyJet

Des graffitis en arabe ont été trouvés sur quatre avions d’easyJet sur différents aéroports français, une découverte qui intervient alors que les autorités françaises enquêtent sur des cas de radicalisation parmi les employés de l’aéroport Paris Charles de Gaulle et effectuent des perquisitions à l’aéroport de Nice.

Les graffitis ont été découverts la semaine dernière sur quatre appareils à Roissy Charles de Gaulle et Lyon Saint Exupéry. L’inscription « Allah Akbar » en particulier a été trouvée par du personnel d’easyJet à Charles de Gaulle le 24 novembre sur la trappe à carburant d’un Airbus arrivé la veille de Budapest. Une autre inscription a été découverte deux jours plus tôt à Lyon Saint Exupéry sur la trappe d’accès à la soute à bagages d’un avion en provenance de Marrakech. Les autres graffitis étaient localisés à proximité des réservoirs de carburant et sur la porte des toilettes. Une enquête a été ouverte par la police française et les services de sécurité d’easyJet pour trouver leurs auteurs. Une des hypothèses retenues est néanmoins que ces inscriptions aient pu être portées sur les avions avant leur arrivée dans les aéroports français.

La compagnie aérienne, par la voie de sa directrice de la sécurité en cabine, Lisa King, a recommandé à ses employés d’être vigilants. Officiellement, elle précise cependant que la découverte des graffitis n’a pas été jugée de nature à menacer la sécurité des vols. « EasyJet a évalué cette question, chaque fois en pleine collaboration avec les autorités, et se satisfait pleinement qu’il ne s’agisse rien de plus que de graffitis » , indique-t-elle dans un communiqué le 28 novembre. « A la suite de cette évaluation, notre équipe en charge de la sécurité a considéré que (ces graffitis) ne constituaient pas une menace pour la sécurité, un avis qu’ont partagé les autorités » , ajoute-t-elle.

Après ces découvertes, les vols ont été opérés normalement. « L’équipage ne déciderait pas de commencer l’embarquement s’il n’était pas convaincu que cela est sûr et il peut prendre tout le temps nécessaire pour évaluer la sécurité du vol. Nous ne faisons aucun compromis sur la sécurité » , précise easyJet.

Radicalisation

Ces découvertes posent la question de la sécurité dans les aéroports, censés être en alerte maximale, deux semaines après les attentats à Paris et en région parisienne qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Moins d’un mois aussi après le crash d’un Airbus A321 de Metrojet dans le Sinaï transportant 224 personnes, environ 20 minutes après son décollage de l’aéroport de Charm el-Cheikh où aurait été posée une bombe à bord, selon la Russie. Dans les deux cas, les attentats ont été revendiqués par des groupuscules membres de l’Etat Islamique.

Des enquêtes et perquisitions ont été menées à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, où ont été signalés des cas de radicalisation. « Depuis le début de l’année, il y a 57 personnes qui ont perdu leur autorisation du fait de radicalisation. Il y en a eu cinq depuis les attentats (à Paris et Saint Denis le 13 novembre), il y en a d’autres qui vont venir » , a déclaré Philippe Riffaut, préfet délégué pour la sécurité et la sûreté des aéroports de Roissy et du Bourget. Ces personnes se sont vues refusées le renouvellement d’un badge d’accès aux zones sensibles à l’intérieur de la plateforme, ou leur retrait pur et simple.

86.000 salariés bénéficient d’autorisations de ce type à Charles de Gaulle. Toutes seront passées au crible, en priorité les 5.000 délivrées aux employés des sociétés de sûreté. Le processus devrait prendre plusieurs mois.

En outre, à l’aéroport de Nice, 771 vestiaires et casiers des salariés de deux sociétés aéroportuaires ont été vérifiés mardi dans le cadre de l’état d’urgence, a fait savoir la préfecture des Alpes-Maritimes. L’opération a été menée « à titre préventif » dans le cadre de l’Etat d’urgence en vigueur depuis le 13 novembre et « n’a rien révélé de particulier » . Les deux entreprises aéroportuaires emploient notamment des agents de piste.

Photos : Avions d’ easyJet à Londres Gatwick – © easyJet

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