Opinion : un député européen demande à Bruxelles des « mesures d’urgence » pour le secteur aérien

Avion en vol - Source : EASA

Ce mardi 17 septembre, Franck Proust a organisé au Parlement européen à Bruxelles une conférence intitulée « Aviation européenne: zone de turbulences » , en collaboration avec la fondation Robert Schuman et avec des hauts responsables d’Air France-KLM, de la Commission européenne et de l’ACI Europe. Cette conférence visait à identifier les mesures d’urgence pour restaurer la compétitivité du transport aérien français et européen. L’eurodéputé plaide notamment pour un « moratoire temporaire sur toutes les charges, les normes et taxes qui n’ont pas d’utilité ou d’urgence et qui grèvent la compétitivité des compagnies en difficulté » . Il demande aussi aux transporteurs et aux aéroports « d’engager de profondes restructurations internes » . Voici le texte de sa déclaration :

conférence 17 Novembre 2015 FP« Cette opération fut un réel succès, et j’en suis très heureux. Les eurodéputés, les compagnies, les aéroports et les institutions sont venus en nombre. Cela démontre qu’il existe une réelle attente au sujet des mesures d’urgence. »

« Je parle effectivement de mesures d’urgence, car il y des problèmes de compétitivité majeurs qui doivent être réglés à très court terme (concurrence étrangère féroce, technologies, services aux passagers, couts de fonctionnement). Si nous ne faisons rien, c’est l’avenir de tout notre modèle économique aérien, de notre statut de puissance aérienne qui est en jeu. Certaines compagnies historiques bien connues sont en crise. Le pavillon français est en danger. De nombreux aéroports dégringolent dans le classement mondial au profit des plateformes d’Istanbul, du Golfe ou d’Asie. Une action politique majeure est nécessaire. »

« Or, dans le « paquet aviation » que nous attendons de pied ferme pour début décembre, la Commission n’a prévu de traiter les problèmes que sur le moyen ou le long terme. Aucune solution d’urgence prévue pour redonner de l’air à nos compagnies et à nos aéroports…C’est pour cela que je voulais tenir cette conférence rapidement, car elle n’aurait eu lieu nulle part ailleurs. D’autant plus au Parlement européen, maison des peuples européens, qui sont très attachés à leurs compagnies et à leurs aéroports. En effet, le transport aérien, en Europe, emploie 2,6 millions de personnes et contribue directement à hauteur de 2,5% du PIB. Plus un État développe ses connexions aériennes, plus sa croissance augmente, et inversement. Or, je le redis: la France et l’Europe perdent du terrain. »

« Je tiens à ce que la Commission mette en place un moratoire temporaire sur toutes les charges, les normes et taxes qui n’ont pas d’utilité ou d’urgence et qui grèvent la compétitivité des compagnies en difficulté. Je veux parler des charges administratives et sociales excessives, les taxes qu’elles sont seules à payer. Je souhaite aussi qu’elle demande aux gouvernements d’appliquer cette stratégie. Elle peut le faire, mais n’ose pas. Cette idée, que j’ai proposée, a été approuvée à une très large majorité et j’en suis fier. »

« Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Nous ne pouvons pas tout attendre de l’action publique. Les compagnies et les aéroports qui en ont besoin doivent aussi engager de profondes restructurations internes, car bon nombre de problèmes structurels n’ont rien à voir avec la concurrence du Golfe ou le niveau des charges et de prélèvements. Ils sont liés aux couts élevés de fonctionnement, à des choix marketing qui ont échoué. Aussi, je demande à ces entreprises d’agir rapidement. Sans cela, l’implication publique ne portera pas ses fruits.  »

« Je souhaite que nous lancions un plan d’action européen clair, efficace et mesurable. J’ai bien écouté nos intervenants et je pense que nous sommes au début d’une belle mobilisation. Je resterai vigilant dans les prochaines semaines. »

Photo : Avion en vol – Source : EASA

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