Air France confirme 1000 départs volontaires en 2016

Airbus A380 d' Air France - © Air France

La direction d’Air France a confirmé jeudi lors d’un comité central d’entreprise (CCE) la suppression de 1.000 postes en 2016 par des départs volontaires. Pour l’année suivante, rien n’est encore sûr.

« Les seuls départs que nous envisageons pour 2016, ce sont des départs volontaires, comme nous l’avons toujours fait, et pour 1.000 postes » , a déclaré sur France Info le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, à l’issue du CCE du 22 octobre. « Il n’a été confirmé aucun chiffre sur les années suivantes, c’est normal » , a-t-il ajouté. Plus tôt cette semaine, le groupe avait fait savoir que la deuxième phase de ce plan B, en 2017, pouvait être évitée si les négociations sur des accords de productivité aboutissent, ce qui permettrait alors de « revenir au plan A, au plan Perform » .

Air France se donne « entre maintenant et le début 2016 » pour essayer de trouver un accord avec les syndicats des pilotes, des hôtesses et stewards, ainsi que des personnels au sol, a indiquant jeudi son PDG sans préciser de date butoir.

Le plan B est lancé pour 2016 alors que « les résultats de l’été sont plutôt bons » , a confié Frédéric Gagey, mais « ce serait une grave erreur de cesser notre mutation. Je souhaite poursuivre cette dynamique, et c’est vrai, cela passe par la négociation d’accords » , a-t-il ajouté. Air France-KLM présentera ces résultats pour le 3e trimestre 2015 jeudi prochain.

Du côté des syndicats, les réactions sont multiples. Selon la CGT, Air France n’a pas donné l’assurance que les 2.900 suppressions de postes prévues d’ici 2017 constituaient un nombre maximal. En outre, la direction s’est montrée « incapable de dire dans quels secteurs les postes seront supprimés » , a déclaré le secrétaire CGT du comité central d’entreprise, Didier Fauverte.

Pour le SNPL, il est « difficile d’imaginer qu’Air France trouvera 1.000 personnes qui souhaitent partir » en 2016, selon son porte-parole Emmannuel Mistrali, qui s’exprimait au micro de RTL. Le syndicat n’est pas opposé sur le principe d’améliorer la productivité des pilotes. « Il n’y a pas que les pilotes qui accepteront les efforts. Tous les salariés l’ont montré, ils sont prêts à faire des efforts, mais à certaines conditions, avec un vrai projet ambitieux, pas un projet d’attrition, et avec l’État comme acteur  » pour mettre en place « un environnement concurrentiel équitable » . Interrogé sur la possibilité de nouvelles grèves de la part des pilotes, Emmanuel Mistrali a répondu : « La grève c’est un constat d’échec or le dialogue n’est pas encore réinstallé donc il n’y a pas d’échec. L’État, les salariés et la direction doivent se mettre ensemble pour aller chercher un avenir serein » .

Le CCE de jeudi a en outre décidé de faire usage de son droit d’alerte, proposé par la CFDT et voté à l’unanimité. Un cabinet d’experts va auditer les comptes et la stratégie d’Air France. La procédure pourrait durer jusqu’à fin janvier.

A l’appel de douze syndicats, ce 22 octobre était également une journée de mobilisation pour les salariés d’Air France. Plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés près de l’Assemblée nationale en début d’après-midi, afin de soutenir leurs collègues inculpés après les actes de violences du 05 octobre, mais aussi pour défendre l’emploi et réclamer que l’Etat « prenne ses responsabilité » . La manifestation s’est déroulée sans incident.

Crédit photo : Airbus A380 d’ Air France – © Air France

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