Privatisation de TAP : le Portugal choisit le fondateur d’Azul et JetBlue

Airbus A340-300 de TAP Portugal - cc wikimedia

Dans le cadre de la privatisation de TAP, le gouvernement portugais a choisi le consortium Gateway dirigé par David Neeleman, fondateur d’Azul et JetBlue, pour vendre une première partie du capital de la compagnie aérienne qui était jusqu’à présent 100% publique.

Le Portugal vendra 61% des parts de TAP à Gateway, qui réunit David Neelman, actuel directeur exécutif de la low-cost brésilienne Azul, et Humberto Pedrosa, propriétaire de la compagnie de bus portugaise Barraqueiro Group.

La transaction est estimée entre 354 millions et 488 millions d’euros en fonction des performances de TAP cette année, a précisé le 11 juin lors d’une conférence de presse le secrétaire d’Etat aux Transports Sergio Monteiro. Ce montant comprend une injection de capital de 338 millions d’euros par Gateway dans la compagnie aérienne portugaise. Le gouvernement recevra pour l’instant 10 millions d’euros avec la possibilité de recevoir 140 millions d’euros supplémentaires si Gateway exerce son option sur les 34% que conservera l’Etat pendant deux ans. Les 5% restants seront proposés aux personnels de la compagnie aérienne.

La proposition de Gateway était « celle qui offrait le plus d’argent, le plus vite, afin de permettre à la TAP de faire face à ses problèmes de trésorerie« , a également expliqué le secrétaire d’Etat aux Transports. TAP est endettée à hauteur de plus d’un milliard d’euros.

Le plan de Gateway prévoit des réductions de coûts mais aussi une expansion de la compagnie portugaise qui pourrait recevoir jusqu’à 43 nouveaux avions dans les années à venir pour agrandir et moderniser sa flotte actuelle.

La décision de vendre TAP à Gateway met fin à plusieurs péripéties dans ce dossier, la dernière en date étant la décision de la justice portugaise la semaine dernière de suspendre la privatisation de TAP pour un vice de forme, qui a amené le gouvernement à invoquer « l’intérêt public » pour débloquer le processus.

La vente de TAP au consortium emmené par le fondateur d’Azul est aussi un nouveau revers pour l’autre prétendant resté en lice, Germán Efromovich, propriétaire de la holding Synergy Aerospace qui détient notamment Avianca. Ce dernier avait déjà essayé de mettre la main sur TAP lors de la première tentative de privatisation en 2012, mais son offre avait été repoussée à l’époque par le gouvernement pour des raisons financières.

Rappelons que TAP est leader sur le marché entre l’Europe et le Brésil, où Azul se présente pour sa part comme la troisième compagnie aérienne du pays. Fonctionnant sur le modèle du low-cost, Azul effectuait uniquement des vols domestiques jusqu’en novembre 2014, date à laquelle elle a lancé des liaisons vers les Etats-Unis dans le cadre d’un plan de développement à l’international. Elle ne dessert pas encore l’Europe.

TAP est membre de Star Alliance et a conclu un accord de partage de codes avec GOL, une autre low-cost brésilienne, rivale d’Azul.

Cette dernière opère actuellement une flotte composée d’Embraer 190 et 195 (80 exemplaires), d’ATR42/72-500 (60 exemplaires), ainsi que d’Airbus A330-200 (4 exemplaires). Elle doit également recevoir 63 Airbus de la famille A320neo entre 2016 et 2023 ainsi que 5 Airbus A350-900 XWB livrables à partir de 2017.

Photo : Airbus A340-300 de TAP Portugal – cc wikimedia

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