Air France-KLM se dit « incontournable » et « insubmersible »

Alexandre de Juniac, P-DG d'Air France-KLM - © Air France

Alexandre de Juniac, P-DG d’Air France-KLM – © Air France

Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a estimé mercredi qu’Air France était un « acteur incontournable » et « insubmersible » du transport aérien en Europe.

 

Le numéro 1 d’Air France-KLM intervenait ce 12 novembre à Paris devant les Sénateurs, membres de la commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire. « Je ne crois pas à une disparition d’Air France-KLM : Air France a longtemps été le premier réseau intercontinental. Cette force fait de nous un acteur incontournable et, je pense, insubmersible » , a-t-il déclaré devant la Haute Assemblée, quelques semaines après une grève d’une majorité de pilotes qui a coûté un demi-milliard d’euros à sa compagnie et suscité des inquiétudes sur l’avenir du groupe.

Mais comme le Président de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM), Alain Battisti, qui estimait que « si l’on ne fait rien, il n’y aura plus de compagnies aériennes françaises dans 5 ans« , Alexandre de Juniac demande des mesures. « Je pense qu’une aide d’État est juridiquement difficile, et nous ne la demandons pas » , a-t-il indiqué avant de préciser : « nous souhaitons que les gouvernements fassent attention à nos charges fiscales. Il existe une vraie dissymétrie sur les charges qui pèsent sur nos concurrents et nous. Nous demandons que les autorités européennes engagent une conversation sur la concurrence » .

En cause, notamment, les compagnies du Golfe : « Les coûts d’infrastructures et les charges sont très faibles dans les pays du Golfe. Il n’y a pas de procédure sur la concurrence aérienne: c’est une négociation inter-étatique » , a-t-il constaté. « Nous demandons aux pouvoirs publics un allègement des taxes et des négociations avec les états du Golfe » , car « l’harmonisation sociale avec [ces pays] est très difficile » , tandis que « la concurrence asiatique, haut de gamme et moins chère, répond à une stratégie d’État » , a-t-il ajouté comme pour déplorer l’absence d’une telle politique en Europe. « Notre priorité est de développer et renforcer nos hubs en termes d’attractivité et compétitivité » , a-t-il précisé.

Le PDG d’Air France-KLM a également indiqué que sa compagnie devait se battre sur deux fronts, le moyen courrier et le long-courrier.

Pour ce dernier, « le marché se déplace (…) plutôt vers les pays émergents. [Il] ne cesse de croître : 50 millions de personnes par an accèdent au pouvoir d’achat pour prendre l’avion » , a-t-il affirmé avant de défendre la stratégie de montée en gamme d’Air France-KLM : « La concurrence en longs-courriers se fait sur les produits : Air France-KLM était en retard. Avec une stratégie de baisse des coûts, nous aurions perdu face aux compagnies asiatiques. L’idée est de faire partie de 3 premiers mondiaux en termes de services et de qualité de produits »  , a-t-il rappelé.

Quant au court et moyen-courrier, « nos principaux concurrents sont les low-cost, (…) les seules sur une période moyenne à avoir gagné de l’argent » , a dit Alexandre de Juniac, qui voit en ces compagnies « une formidable concurrence. Partout, ils prennent près de la moitié du marché » , ou encore : « En Europe, Ryanair transporte plus de passagers qu’Air France-KLM dans le monde » . Mais le PDG du groupe Franco-Néerlandais a jugé irrésistible l’essor des compagnies à bas-coûts : « En Europe, les low-cost vont doubler leur flotte entre 2013 et 2020, il faut en être conscient (…) On ne voit pas ce qui arrêterait le marché du low-cost, car ça correspond aux demandes du consommateur. Le low-cost répond aux nouveaux besoins de ceux qui souhaitent voyager pas cher. Il s’agit des petits budgets et des « VFR » : visit friends and relatives » , a-t-il expliqué. « Le low-cost est basé sur une innovation marketing, c’est très intelligent » , a-t-il reconnu.

Dans ce contexte, « Air France-KLM ne peut être un géant international aux racines européennes si la moitié de ce marché lui échappe. Notre objectif est de développer Transavia pour contrer la concurrence et répondre au marché » .

Alexandre de Juniac a également défendu le choix d’armer sa filiale low-cost avec des Boeing Américains plutôt que des Airbus Européens : « Transavia était équipée de Boeing 737, nous continuons le développement avec ce modèle. L’État n’intervient pas sur notre achat d’avions : nous cherchons à optimiser notre flotte » , a-t-il précisé.

Pas question en revanche d’introduire le low-cost long-courrier pour les liaisons avec l’outre-mer : « Pour l’instant, nous ne souhaitons pas mettre du low-cost sur le long-courrier [vers les DOM-TOM] » .

Le numéro un d’Air France-KLM a également réaffirmé sa volonté de développer les partenariats, à l’image de la co-entreprise transatlantique avec Delta Air Lines qui a rapporté « 12 à 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires » [sur un total de 25,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel pour Air France-KLM, ndlr]. « Nous avons besoin de partenariats forts pour attirer des passagers du continent asiatique » , a-t-il déclaré.

« Il n’y a pas de grand pays sans grande compagnie aérienne » , a-t-il aussi affirmé devant les Sénateurs.

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