Crash d’Air Algérie : le rapport préliminaire met les choses au point

Crash du vol AH5017 - © BEA

Crash du vol AH5017 – © BEA

Les autorités Maliennes avec l’assistance du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) ont rendu samedi dernier le rapport d’étape sur le crash du vol d’Air Algérie au Mali. A ce stade de l’investigation, aucune explication n’est encore avancée sur les raisons de l’accident, mais les éléments factuels ont été réunis et ceux-ci démentent des rumeurs qui circulaient jusqu’à présent.

 

Publié ce 20 Septembre, le rapport d’étape sur le crash le 24 Juillet 2014, dans la région de Gossi au Mali, du vol d’Air Algérie AH5017 opéré par Swiftair, livre « les premiers éléments rassemblés au cours de l’enquête, sans analyse. » Les informations qu’il révèle viennent démentir des rumeurs sur la compagnie Swiftair, très critiquée depuis l’accident. La compagnie Espagnole bénéficie d’un Certificat de Transporteur Aérien (CTA) renouvelé par l’autorité Espagnole le 25 Avril 2014 et se conforme à la réglementation Européenne.

Swiftair a notamment été accusée de faire mener à ces équipages des cadences infernales, mais les pilotes du vol AH5017 ont effectué les trois jours précédant le crash un seul trajet quotidien entre Alger et Ouagadougou, soit environ 4 heures de vol par jour. Au demeurant, dans le cadre du contrat établi entre Air Algérie et Swiftair pour l’affrètement d’un MD83 entre le 20 Juin et le 23 Septembre 2014, Swiftair mettait en place à Alger trois équipages, techniques et commerciaux. Un quatrième équipage était en renfort à Madrid, note le rapport.

Le commandant de bord, un homme de 47 ans, totalisait 14.268 heures de vol dont 6.161 en qualité de commandant de bord sur MD-83, et la copilote, une femme de 42 ans, 6 900 heures de vol dont 6.064 sur cet appareil. Tous deux bénéficiaient d’une expérience de vol en Afrique et notamment à Ouagadougou, l’aéroport de départ du vol AH5017.

Les témoignages décrivent un équipage « calme et consciencieux, » effectuant lui-même le plan de chargement et le devis de masse et de centrage. « Pour ce vol, la masse et le centrage déterminés par l’équipage de l’avion étaient dans les limites définies par le constructeur, » précise le rapport.

Bien qu’ancien, l’appareil étaient correctement entretenu, ainsi que ses moteurs. La dernière inspection de maintenance a eu lieu le 19 Juin 2014 (check 1A).

Certaines de ces informations ont été fournies par Swiftair et seront vérifiées par l’autorité enquêtrice.

Pour expliquer l’accident, aucune hypothèse n’est donc privilégiée à ce stade, mais le rapport étudie longuement la situation météorologique le jour du crash, décrite comme « conforme à celle que l’on peut rencontrer à cette période de l’année dans la zone de convergence intertropicale. » L’appareil a traversé une zone d’orages, susceptible de posséder « un fort dynamisme générant des risques de givrage fort.« 

L’analyse d’un des deux enregistreurs de vol (FDR) montre que l’appareil n’a pas rencontré de « turbulences significatives. » La deuxième boite noire, qui enregistre les conversations dans le cockpit (CVR), était défectueuse et les sons de plusieurs vols se sont superposés sur la bande magnétique qui reste en cours d’analyse. Les experts cherchent à savoir si des alarmes, et lesquelles, ont sonné dans le poste de pilotage et si des actions correctives ont été menées par l’équipage.

L’arrêt à trente secondes d’intervalle de deux aides au pilotage, l’automanette, qui gère la puissance des moteurs en fonction de la vitesse choisie, et le pilote automatique, qui maintient le cap et l’altitude, interroge les enquêteurs qui veulent déterminer s’il y au intervention humaine ou si les conditions de fonctionnement des systèmes ont cessé.

Ces déconnexions sont intervenues après une variation inexpliquée du régime des moteurs. A partir de ce moment-là, la vitesse a diminué et l’appareil a perdu de l’altitude, pour finir par décrocher et plonger en piqué jusqu’à heurter le sol à plus de 700 km/h, provoquant sa désintégration et la mort immédiate des passagers.

110 passagers, dont 54 Français, et 6 membres d’équipage se trouvaient à bord.

L’intégralité du rapport d’étape est disponible ici.

Crash du vol AH5017 - © BEA

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