Volcan Islandais : une nouvelle éruption entraînerait moins d’annulations de vols

l'outil Evita d'Eurocontrol permet désormais aux opérateurs de mieux localiser le nuage de cendre - Image © Eurocontrol

L’outil Evita d’Eurocontrol permet désormais aux opérateurs de mieux localiser le nuage de cendre et l’impact sur les opérations aériennes – Image © Eurocontrol

Une éruption volcanique en Islande cette année perturberait moins le trafic aérien qu’en 2010 car les compagnies aériennes ainsi que les autorités sont mieux préparées à cette éventualité.

 

Alors que l’éruption du volcan Eyjafjallajokull avait engendré l’annulation de plus de 100.000 vols en 2010 occasionnant une perte d’environ 2 milliards d’euros pour les compagnies aériennes, un tel scénario est aujourd’hui exclu par le régulateur Européen du trafic aérien si un autre volcan Islandais, le Bardarbunga, venait à rentrer en éruption prochainement.

Les perturbations devraient rester relativement limitées, même si l’Europe est en pleine période de retour de vacances avec un programme de vols chargé.

Ainsi Eurocontrol ne déciderait plus de fermer totalement l’espace aérien comme en 2010, mais laisserait les compagnies aériennes évaluer elles-mêmes les risques encourus car celles-ci sont aujourd’hui à même d’identifier les zones potentiellement dangereuses pour la navigation de leurs appareils.

« Nous avons évolué vers une approche plus harmonieuse qui reconnaît que les décisions d’opérer des vols dans des zones aériennes contaminées par la cendre ou le sable reviennent aux compagnies aériennes, en fonction de leurs conclusions sur l’évaluation des risques pour la sécurité, » a indiqué Eurocontrol dans un communiqué. « Cette approche réduit de façon significative le nombre de vols qui devraient être annulés dans l’éventualité d’une nouvelle crise avec projection de cendre volcanique.« 

Les différentes parties concernées ont tiré les leçons des expériences précédentes, explique aussi le gestionnaire Européen du trafic aérien.

Une cellule de crise, l’EACCC (European Aviation Crisis Coordination Cell), créée dès Mai 2010, serait activée tandis qu’un nouvel outil, baptisé Evita, permettrait aux opérateurs d’évaluer les conséquences d’un nuage de cendres sur leurs opérations.

L’utilisation accrue des PIREPS (Pilots in Flight reports), ou rapports d’observation effectués par les pilotes pendant les vols, contribuerait de façon significative à déterminer la localisation précise de la cendre, son altitude et sa concentration. « Cette information est essentielle pour la prise de décision durant une crise volcanique, » reconnaît Eurocontrol.

Enfin, les changements et améliorations des procédures ont été validés par un exercice de simulation, VOLCEX, organisé par l’agence des Nations-Unis en charge de l’aviation civile, l’OACI. Celui-ci a eu lieu chaque année depuis 2011. « A chaque fois, les scénarios sont différents et simulent des éruptions volcaniques en Islande, aux Açores ou en Italie.« 

Tests

Une éruption du volcan Bardarbunga serait même mise à profit par la compagnie EasyJet pour tester le système AVOID (Airbourne Volcanic Object Identifier and Detector) qui permet de détecter les nuages de cendre. Les appareils peuvent alors les contourner sans risque d’endommager les moteurs.

Développé depuis 2011 en collaboration avec Airbus et différents instituts, celui-ci doit devenir opérationnel dès 2015.

Il aurait permis que seulement 3% de l’espace aérien contaminé ne soit fermé en 2010, a expliqué Paul Moore, un porte-parole d’EasyJet.

A l’heure actuelle, le volcan Bardarbunga reste toujours placé en situation aérienne d’alerte orange et son activité est sans effet sur le trafic aérien.

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