Air France-KLM, première victime en cas d’interdiction de survol de la Russie

Boeing 777-300ER d'Air France - © Air France

Boeing 777-300ER d’Air France – © Air France

Dans l’éventualité où les autorités Russes mettraient à exécution leur menace d’interdire ou de restreindre le survol de leur territoire aux compagnies Européennes en route vers l’Asie, Air France-KLM serait le principal transporteur concerné.

 

Avec près de 250 vols hebdomadaires (y compris cargo) empruntant la route trans-Sibérienne, le groupe Franco-Néerlandais serait le premier affecté par l’interdiction.

Rien que pour l’activité passagers, Air France et KLM effectuent ensemble 50 rotations hebdomadaires vers le Japon (Tokyo Narita et Tokyo Haneda, Osaka et Fukuoka), 13 vers la Corée du Sud (Séoul), 85 vers la Chine (Pékin, Shanghai, Canton, Hong Kong, Chengdu, Wuhan, Xiamen et Hangzhou), et 7 vers Taïwan (Taipeh)

Les opérations du groupe Lufthansa (220 vols par semaine), Finnair (115 vols), ou encore British Airways (93 vols), seraient également durement impactées par une interdiction de survol de la Sibérie, révèle une étude de Flightradar24.

Nombre de vols hebdomadaires empruntant la route trans-Sibérienne par transporteurs - Source : Flightradar24

Nombre de vols hebdomadaires empruntant la route trans-Sibérienne par transporteurs – Source : Flightradar24

La fermeture de l’espace aérien Russe contraindrait les transporteurs Européens à trouver des routes plus au Nord ou plus au Sud, mais aucune alternative n’est idéale.

La Russie contrôle les corridors aérien jusqu’au cercle arctique, presque jusqu’au pôle Nord. Comme au temps de la Guerre Froide où la trans-Sibérienne leur était interdite, les compagnies devraient donc pousser jusqu’à l’Alaska pour rejoindre le Japon, et devraient peut-être ressusciter l’escale d’Anchorage. Au total, la route polaire représente un détour d’environ 4.000 kilomètres par rapport à la trans-sibérienne (5 heures de vol sans compter une escale éventuelle).

Au Sud de la Russie, les routes conduisent vers le Moyen-Orient et le Golfe, et elles sont déjà bien chargées. Plus loin vers l’Asie, les zones d’exclusions ou d’insécurité abondent, sans compter que de vastes parties du territoire Chinois sont interdites à la circulation aérienne civile pour raisons militaires. Dans le meilleur des cas, la route Paris-Pékin par le Sud représenterait un détour de 1.300 kilomètres.

En route, les routes trans-Sibériennes vers l'Asie du Nord Est. En vert, les routes alternatives en cas de fermeture du corridor trans-Sibérien. - via gcmap

En route, les routes trans-Sibériennes vers l’Asie du Nord Est. En vert, les routes alternatives en cas de fermeture du corridor trans-Sibérien. – via gcmap

L’interdiction de voler au-dessus de la Sibérie allongerait la durée des vols pour les passagers, et augmenterait les coûts opérationnels des compagnies aériennes Européennes, en termes de frais de carburant et d’utilisation des appareils.

Mais elle les placerait aussi en situation défavorable face aux compagnies Asiatiques qui ne sont menacées par cette sanction Russe, et qui du coup bénéficieraient d’un avantage décisif.

Rien n’indique cependant que Moscou mettra à exécution ce qui demeure pour l’instant une menace.

« L’option est sur la table, » prévenait hier Dmitry Medvedev, mais elle pourrait se révéler également coûteuse pour la Russie qui encaisse chaque année presqu’un demi-milliard de dollars de redevances perçues en échange du survol de la Sibérie.

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