Emirates ne survolera plus l’Irak

A380 en vol- © Emirates

A380 en vol- © Emirates

Les avions d’Emirates cesseront de survoler l’Irak pour des raisons de sécurité.

 

La décision a été annoncée par le Président de la compagnie de Dubai, Tim Clark. Elle intervient un peu plus d’une semaine après le crash du vol MH17 en Ukraine, vraisemblablement abattu par un missile sol-air alors qu’il survolait à haute altitude une zone de conflit avec 298 passagers et membres d’équipage à son bord.

Tim Clark a déclaré ne pas être « à l’aise » avec la situation sécuritaire en Irak étant donné le nombre de vols que sa compagnie effectue au-dessus de ce territoire tenu par des militants islamistes. Il a donc donné instruction de modifier les routes en conséquence.

« Nous ne pouvons pas le faire du jour au lendemain parce que nous avons une quantité de vols qui passent par là, mais oui, nous allons le faire« , a-t-il indiqué au Times de Londres, précisant que la mise en oeuvre de cette mesure pourrait prendre une semaine à dix jours.

Le contournement de l’Iraq contraindra les avions d’Emirates à emprunter des routes plus longues, à travers l’Arabie Saoudite, la mer Rouge, au dessus du Caire, avant de gagner l’espace aérien Européen, pouvant ajouter jusqu’à 45 minutes de temps de vol supplémentaire par rotation. A moins qu’ils ne survolent l’Iran.

Malgré ces contraintes, le Président d’Emirates s’attend à ce que d’autres compagnies aériennes suivent l’exemple de la sienne et évitent de survoler l’Irak.

« Le fait est que le MH17 a tout changé, et cela s’est passé presque dans l’espace aérien Européen. Nous ne pouvons pas continuer à dire que cela n’est qu’une affaire politique. Nous devons prendre le taureau par les cornes« , a-t-il dit avant de conclure : « C’est le genre de chose qui va montrer au public que nous prenons cela très au sérieux et c’est bien ce qui se passe » .

La semaine dernière, Tim Clark appelait à la tenue d’une conférence internationale des transporteurs aériens pour discuter des solutions à mettre en place après le drame du vol MH17.

L’Organisation pour l’Aviation Civile Internationale (OACI) tiendra demain mardi une réunion à ce propos.

Emirates dessert trois villes en Irak : Bagdad, Bassora et Erbil. Tim Clark n’a pas précisé si sa compagnie allait interrompre les vols vers ces destinations. Jointe par plusieurs services de presse, Emirates a n’a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet.

 

Un manque de consensus

Pour autant, les compagnies aériennes avancent en ordre dispersé sur le sujet de la sécurité des routes aériennes.

De nombreux vols empruntent des routes traversant l'espace aérien Irakien - Source : FR24 / 28/07/14 14h48 UTC

De nombreux vols empruntent des routes traversant l’espace aérien Irakien – Source : FR24 / 28/07/14 14h48 UTC

L’Australienne Qantas, pourtant partenaire commerciale d’Emirates, a dit qu’elle continuerait à survoler l’Irak. « Il n’y a pas de raison de penser que le survol de l’Irak est dangereux pour les compagnies aériennes, étant donné l’altitude à laquelle elles volent, y compris Qantas« , a déclaré un porte-parole du transporteur Australien au Sydney Morning Herald.

Cependant, le Times croit savoir que les Etats-Unis enquêteraient pour savoir si des combattants Irakiens ne se seraient pas procurés des missiles sol-air longues-portées en Syrie.

Ce dernier pays est déjà évité par la plupart des transporteurs aériens, à l’exception notoire de Malaysia Airlines qui le survolait encore quelques jours après le drame du vol MH17.

Mais les compagnies aériennes pourraient être amenées à devenir plus prudentes sous l’influence de leurs assureurs : « Certaines compagnies d’assurance veulent des détails sur les itinéraires précis et envisagent de retirer complètement certains types de couverture pour les vols au dessus des points chauds du Moyen-Orient et de certaines régions d’Afrique », indiquait hier le Financial Times.

…….

> Plus sur la sécurité aérienne

> Plus sur Emirates

…….

© 2014 Air Info – Tous droits réservés

Laissez un commentaire