Oreilles qui bouchent en avion : solutions et astuces de pilote

Une passagère dans un avion se touche l'oreille, gênée par la pression, en regardant par le hublot au-dessus des nuages.

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Une oreille pleine à l’atterrissage gâche vite le plaisir de votre voyage.

Les oreilles se bouchent souvent à la descente, la phase la plus délicate du vol. On passe en revue les gestes utiles, la conduite à tenir et les signes qui demandent un médecin.

Pourquoi vos oreilles se bouchent en avion

Pendant la montée, la pression de l’air autour de l’appareil baisse. Pendant la descente, elle remonte. Si la pression dans votre oreille moyenne ne suit pas, le tympan se tend. Vous sentez alors une oreille pleine ou bouchée.

Le coupable s’appelle la trompe d’Eustache. C’est un petit conduit qui relie l’oreille moyenne à l’arrière du nez. Elle s’ouvre quand vous avalez ou bâillez. Elle rétablit ainsi l’équilibre de part et d’autre du tympan.

C’est à la descente que les choses se corsent. L’air doit alors entrer activement dans l’oreille moyenne, ce qui demande un effort. Commencez donc vos gestes d’équilibrage tôt, dès 30 à 35 minutes avant l’atterrissage.

Une oreille pleine qui se dégage dans les heures suivant l’atterrissage ne réclame rien de plus.

Quand la gêne ne passe pas

Si la pression persiste plusieurs jours, si vous entendez moins bien ou si la douleur devient importante, il peut s’agir d’une atteinte du tympan ou de l’oreille moyenne.

Quand consulter ?

Prenez rendez-vous avec un médecin si la pression, la sensation d’audition étouffée ou l’inconfort durent plus de quelques jours après le vol. Si cette gêne revient à chaque trajet, faites aussi un bilan.

Avant de décoller, cochez ce qui s’applique à vous
Une liste pour repérer les situations qui demandent un avis médical ou un report du vol

Une trompe d’Eustache bouchée ne s’ouvre plus correctement, et le risque de douleur augmente.

Ne reprenez pas l’avion sans l’accord de votre chirurgien, même si la plaie semble refermée.

Une surdité soudaine est une urgence médicale, à traiter sans attendre.

Une gêne qui revient à chaque trajet justifie un bilan avant le prochain départ.

Le biberon, le sein ou la tétine pendant la descente aident à ouvrir la trompe d’Eustache.

Ces médicaments comportent des risques dans ce cas : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

Les décongestionnants oraux ne sont pas recommandés pendant la grossesse sans avis médical.

Avaler, bâiller et boire par petites gorgées doivent commencer 30 à 35 minutes avant l’atterrissage.

N’attendez pas dans les cas suivants :

  • Douleur intense, ou douleur qui s’accentue après l’atterrissage.
  • Baisse brutale de l’audition dans une ou deux oreilles.
  • Vertiges marqués, perte d’équilibre ou impression que la pièce tourne autour de vous.
  • Écoulement de liquide, de pus ou de sang par l’oreille.
  • Acouphène apparu brusquement, accompagné d’une audition diminuée.

Si vous avez été opéré de l’oreille, ne reprenez pas l’avion sans l’accord de votre chirurgien, même si la plaie semble refermée. Le délai dépend de l’intervention, de la cicatrisation et de l’état de votre tympan.

Les gestes qui font la différence

Quand et comment agir

Restez éveillé pendant la montée et la descente. Vous pourrez ainsi réagir dès que la pression change.

Commencez dès le décollage, puis répétez les gestes régulièrement pendant la descente :

  • Buvez de petites gorgées d’eau : elles déclenchent plusieurs déglutitions sans que vous ayez à boire beaucoup.
  • Bâillez volontairement : ouvrez grand la bouche et avancez doucement la mâchoire.
  • Avalez en pinçant le nez, c’est la manœuvre de Toynbee : narines pincées, bouche fermée, puis déglutition.

Si ces gestes ne suffisent pas, tentez la manœuvre de Valsalva :

  1. Inspirez normalement.
  2. Fermez la bouche et pincez le nez.
  3. Expirez très doucement, comme pour vous moucher, sans forcer.

Arrêtez aussitôt en cas de douleur, de vertige ou de sifflement.

Ne soufflez jamais violemment

Une pression excessive peut aggraver la douleur et, dans de rares cas, endommager le tympan.

Bébés et jeunes enfants

Pour un bébé, proposez le biberon, le sein ou la tétine pendant le décollage et surtout pendant la descente.

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La succion fait avaler le bébé, et cela ouvre la trompe d’Eustache un instant. Gardez l’enfant assis ou légèrement redressé pendant qu’il boit.

Un enfant de plus de 4 ans peut boire par petites gorgées, mâcher un chewing-gum ou souffler dans une paille. Ne lui demandez pas une manœuvre de Valsalva forcée s’il ne comprend pas la consigne.

Rhume, congestion et médicaments : les bons réflexes

Quand reporter le vol

Un rhume important, une sinusite aiguë, une otite ou un nez complètement bouché justifient de reporter le vol si c’est possible. La trompe d’Eustache ne s’ouvre alors plus correctement. Le risque de douleur ou de lésion augmente.

Une allergie bien contrôlée pose moins de problème qu’une rhinite active. Si les symptômes reviennent à chaque vol, consultez avant le prochain trajet. Un médecin pourra chercher une inflammation persistante ou un dysfonctionnement de la trompe.

Sprays et comprimés : prudence

Les sprays décongestionnants nasaux ne se prennent pas sur la durée. En France, leur usage se limite en général à 5 jours. Au-delà, une congestion de rebond peut apparaître.

Décongestionnants oraux

Ils comportent des risques si vous souffrez d’hypertension, d’une maladie cardiaque ou d’un trouble du rythme. Ils ne sont pas recommandés aux jeunes enfants sans indication médicale, ni pendant la grossesse sans avis médical.

Avant de partir, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. C’est indispensable si vous êtes enceinte, si vous avez un jeune enfant ou si vous suivez déjà un traitement.

Bouchons filtrants : une aide, pas un remplacement des gestes

Ce qu’ils font, ce qu’ils ne font pas

Deux bouchons d’oreilles en silicone translucide et bleu sont posés sur une surface beige.
Ces bouchons peuvent améliorer le confort, mais ne remplacent pas les gestes d’équilibrage de pression.

Les bouchons filtrants pour avion ralentissent les variations de pression dans le conduit auditif. Ils peuvent apporter du confort ou atténuer le bruit. En revanche, leur efficacité pour prévenir le barotraumatisme reste incertaine.

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Mettez-les en place aux bons moments :

  1. Installez-les avant le décollage et gardez-les pendant la montée.
  2. Remettez-les avant le début de la descente.
  3. Continuez d’avaler et de bâiller régulièrement.

Suivez la notice du modèle choisi. Elle précise la taille et la durée de réutilisation.

Où les trouver, combien ça coûte

Vous les trouverez en pharmacie, en parapharmacie, dans certains aéroports et chez les professionnels de l’audition. En France, une paire coûte en général entre 9 et 21 €. Le prix varie selon le modèle et le point de vente.

Choisissez une taille adaptée à l’âge de l’utilisateur. Mal positionné, un bouchon gêne ou finit par tomber.

Ce qui compte, c’est la durée de la gêne. Une oreille pleine qui se dégage dans les heures suivant l’atterrissage ne réclame rien de plus. Si elle persiste, suivez de près son évolution sur les jours qui viennent et ne la laissez pas s’installer sans avis.

Foire aux questions

Un tympan perforé empêche-t-il de prendre l’avion ?

Un tympan perforé n’empêche pas nécessairement de prendre l’avion. Faites évaluer la cause de la perforation par un médecin avant le voyage.

Après une chirurgie du tympan, attendez l’autorisation de votre chirurgien avant de reprendre l’avion.

Les oreilles bouchées en avion peuvent-elles laisser des séquelles ?

La plupart des épisodes liés à un changement de pression s’améliorent sans séquelle. Une perte auditive persistante, des acouphènes, des vertiges ou un écoulement demandent toutefois un examen médical rapide.

Une perte auditive persistante, des acouphènes, des vertiges ou un écoulement demandent un examen médical rapide.

Que faire si le problème revient à chaque trajet ?

Si une gêne revient à chaque vol, faites un bilan médical avant le prochain trajet.

Un ORL peut rechercher une inflammation nasale, une allergie, une infection ou une dysfonction de la trompe d’Eustache, puis adapter votre stratégie à vos vols.

Sources

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