La coentreprise d’Etihad et TUI ne se fera pas

Le groupe touristique allemand TUI a annoncé jeudi l’arrêt des discussions avec Etihad Airways en vue de former ensemble une compagnie spécialisée dans les vols loisirs.

Les deux groupes « ne poursuivront pas leurs négociations sur la coentreprise prévue entre TUI fly et NIKI » , a indiqué jeudi 8 juin TUI dans un communiqué. TUI fly est une compagnie aérienne allemande filiale de TUI. NIKI une compagnie aérienne autrichienne, filiale d’airberlin, elle-même détenue à 29,1% par Etihad Airways.

TUI et Etihad avaient obtenu à la fin de l’année dernière l’accord de leurs instances respectives pour former une coentreprise entre leurs filiales. Si l’on en croit TUI, Etihad a changé de stratégie. « NIKI n’est plus disponible pour une co-entreprise » , affirme ce jeudi Sebastian Ebel, porte-parole du groupe allemand.

TUI précise dans un courrier interne qu’Etihad « poursuit visiblement de nouveaux projets concernant ses investissements en Europe, en particulier dans Alitalia et airberlin » . Ce courrier ajoute : « Etihad veut manifestement une perspective pour l’entreprise airberlin / NIKI tout entière et ne veut plus défaire NIKI d’airberlinCeci constitue une base différente de ce qu’Etihad et ses partenaires avaient convenu avec nous en décembre 2016 » .

Selon la presse allemande, Etihad envisagerait de céder sa participation dans airberlin, en grandes difficultés financières. Lufthansa a été citée comme acquéreur potentiel. Cependant, ces rumeurs n’ont jamais été confirmées par les deux groupes.

Après l’échec des négociations avec Etihad, TUI se dit toujours intéressé pour participer à « la stabilisation du marché allemand du transport aérien » , qui est selon lui « caractérisé par des surcapacités » .

« Une solide compagnie européenne loisirs continue de faire sens sur un plan stratégique » , estime le porte-parole de TUI. Le géant allemand du tourisme dit ainsi rester « ouvert à un partenariat ou à la formation de coentreprises » .

Pour mémoire, TUI devait participer à la coentreprise avec Etihad en apportant les 14 Boeing 737 de TUI fly exploités actuellement pour le compte d’airberlin dans le cadre d’un accord de wet-lease.

Etihad devait contribuer en apportant NIKI à la coentreprise. La compagnie du Golfe a d’ailleurs racheté plus tôt cette année la part d’airberlin dans NIKI, pour 300 millions d’euros.

Basée à Vienne, la nouvelle compagnie loisirs devait être détenue à 24,8% par TUI, 25% par Etihad et 50,2% par la fondation NIKI. Elle devait être dotée de 60 avions au total, et opérer depuis l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse dès le début d’avril dernier.

Photo © Paul BANNWARTH : Airbus A320 de NIKI à l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse 

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