Les passagers semblent éviter les lignes sur lesquelles les ordinateurs sont interdits (IATA)

L’interdiction des ordinateurs portables en cabine par les États-Unis semble avoir nui au trafic de passagers entre les aéroports du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord visés par cette mesure, a indiqué l’IATA hier jeudi.

L’Association du transport aérien international (IATA) a publié le 1er juin ce qu’elle a appelé de « forts résultats » pour le trafic mondial en avril 2017. Ses données font état d’une hausse de 10,7% de la demande (mesurée en kilomètres-passagers payants, ou RPK), le rythme de croissance le plus rapide en six ans. La capacité (sièges-kilomètres offerts, ou SKO) a augmenté de 7,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a gagné 2,7 points de pourcentage pour atteindre 82,0 %, un record pour un mois d’avril.

« Néanmoins, des signes laissent entrevoir que les passagers évitent les routes sur lesquelles les appareils électroniques sont interdits » , note dans un communiqué Alexandre de Juniac, le directeur général de l’IATA.

Le RPK des compagnies aériennes du Moyen-Orient affichait en mars un recul de 2,8% par rapport au même mois en 2016. Il s’agit selon l’IATA du premier déclin annuel enregistré dans ce marché depuis les sept dernières années.

En avril, les transporteurs du Moyen-Orient affichent une hausse de trafic de 10,8 %. La capacité a augmenté de 8,9 % et le coefficient d’occupation a gagné 1,3 point de pourcentage pour s’établir à 76,5 %. Toutefois, l’IATA précise que le taux de croissance des compagnies aériennes du Moyen-Orient en avril était inférieur à la moyenne sur cinq ans, « contrairement à toutes les autres régions » .

Les autorités américaines ont annoncé le 21 mars l’interdiction en cabine des appareils électroniques plus gros que les smartphones sur les vols directs vers les États-Unis au départ de dix aéroports d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Après avoir envisagé d’étendre la mesure notamment aux vols transatlantiques en provenance d’Europe, Washington a annoncé mardi 31 mai que cette extension n’était pas décidée.

« Alors que le département de la Sécurité intérieure des États-Unis envisage d’étendre cette interdiction, il devient essentiel de trouver des solutions de rechange pour assurer la sécurité des vols. Si l’interdiction était étendue aux vols entre l’Europe et les États-Unis, par exemple, nous croyons que l’impact sur productivité s’élèverait à 1,4 milliard de dollars » , estime Alexandre de Juniac.

Un sondage commandé par l’IATA auprès des voyageurs d’affaires indique que 15 % d’entre eux chercheraient à réduire leurs voyages en cas d’interdiction.

Visuel © SITA

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