Les USA n’interdisent pas les ordinateurs sur les vols depuis l’Europe, pour l’instant

Le gouvernement américain n’interdit pas à ce stade les ordinateurs en cabine sur les vols en provenance d’Europe mais envisage toujours cette option si nécessaire, a-t-il indiqué hier mardi.

Depuis le 25 mars dernier, les autorités américaines interdisent en cabine les appareils électroniques plus gros que les smartphones sur les vols directs vers les États-Unis au départ de dix aéroports d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Washington redoute que des groupes terroristes dissimulent des explosifs à l’intérieur des appareils électroniques et a envisagé d’étendre la mesure aux vols transatlantiques en provenance d’un nombre indéterminé d’aéroports européens.

« L’extension très débattue de l’interdiction en cabine des gros appareils électroniques sur les vols vers les États-Unis n’a pas été annoncée aujourd’hui » , a fait savoir dans un communiqué mardi 30 mai le Département américain à la sécurité intérieure (DHS), à l’issue d’une réunion téléphonique entre le secrétaire d’État John Kelly, et les commissaires européens aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, et au Transport, Violetta Bulc. Cependant, « le secrétaire d’État Kelly a précisé que l’extension reste sur la table » et il « a affirmé qu’il mettra en œuvre toutes les mesures nécessaires pour sécuriser les avions commerciaux volant aux États-Unis – y compris l’interdiction des gros appareils électroniques en cabine – si la menace le justifie » .

Le communiqué ajoute que les parties américaine et européenne sont convenues « d’augmenter le niveau de la sécurité du transport aérien à l’échelle mondiale » et de « continuer à travailler ensemble » .

Dimanche 28 mai, John Kelly avait indiqué sur la chaîne de télévision Fox News que Washington étaient prêt à interdire les ordinateurs portables sur tous les vols internationaux vers les États-Unis. « Il y a une menace réelle. C’est vraiment l’obsession des terroristes: abattre un avion en vol, particulièrement un avion américain, bondé d’Américains à bord » , avait déclaré le secrétaire d’État.

Cependant, l’interdiction en cabine des ordinateurs, tablettes et autres liseuses électroniques sur les vols en provenance d’Europe pourrait provoquer un chaos, car 59 aéroports européens disposent actuellement de services directs vers les États-Unis, pour un total de 3 684 vols par semaine selon les chiffres d’ACI Europe. « Compte tenu des volumes impliqués, l’extension de l’interdiction actuelle aux aéroports européens entraînerait des perturbations importantes, avec des implications sur divers aspects des opérations aéroportuaires et aériennes » , a prévenu cette association qui réunit 500 aéroports européens.

Au delà de l’impact opérationnel immédiat, ACI Europe a également mis en garde contre les conséquences sur la demande pour les voyages transatlantiques, et à plus long terme, sur la connectivité entre l’Europe et les États-Unis.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a quant à elle estimé que l’extension de l’interdiction aux vols depuis l’Europe pourrait coûter 1 milliard de dollars.

Enfin, l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a rappelé que l’augmentation du nombre des appareils électroniques en soute, quand ils sont interdits en cabine, n’est pas sans compromettre la sécurité des vols en raison des risques d’allumage spontané ou d’emballement thermique de leurs batteries au lithium.

Photo © Lufthansa 

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