Ryanair : hausse de 6% du bénéfice et accélération du plan de flotte

Ryanair a annoncé mardi avoir réalisé un bénéfice annuel net en hausse de 6% pour l’exercice 2016-2017, malgré un environnement qualifié de « difficile » . La compagnie à bas coûts prévoit de continuer sur sa lancée en 2017-2018 et se dit prête à accélérer la croissance de sa flotte en 2018 et 2019 pour tirer parti des opportunités créées par la restructuration de ses concurrentes, notamment en Allemagne et en Italie.

Ryanair affiche un bénéfice net de 1,316 milliard d’euros pour l’exercice clos au 31 mars 2017, une hausse de 6% en comparaison d’un an plus tôt. Ce résultat, conforme aux dernières prévisions, est obtenu avec un chiffre d’affaires en hausse de 2% seulement, à 6,648 milliards d’euros.

La compagnie explique qu’elle a fait face aux attentats dans des villes européennes, à une concurrence accrue avec le report vers l’Europe continentale des charters pour l’Afrique du Nord, la Turquie et l’Egypte, et enfin à la forte dépréciation de la livre depuis le vote pour le Brexit en juin 2016. « Nous avons réagi à ces défis en améliorant l’expérience client et en stimulant la croissance avec des tarifs plus bas » , indique dans un communiqué Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair.

Ainsi, le trafic a fortement progressé de 13%, à 120 millions de passagers transportés, ce qui fait de Ryanair la première compagnie d’Europe selon ce critère. Le coefficient d’occupation des sièges atteint 94%, un record dans l’industrie. La compagnie a baissé en moyenne de 13% ses tarifs, le prix moyen du billet chez Ryanair s’établissant à 41 euros. Cependant, cette mesure n’a pas affecté la rentabilité de l’entreprise : la marge nette s’établit à 20%, un point de plus qu’il y a un an. Ryanair est parvenue à baisser ses coûts unitaires de 11% sur la période (5% hors carburant). La dette nette reste modeste, à 200 millions d’euros à la fin de l’exercice.

Pour l’exercice 2017-2018, Ryanair prévoit de transporter 130 millions de passagers, soit 8% de plus, avec une flotte de 427 appareils. Elle explique que les réservations pour la période d’avril à septembre sont « raisonnablement robustes » en hausse de 1% sur un an, mais que la visibilité est « limitée » pour les six mois suivants. La compagnie s’attend à baisser de 5 à 7% ses tarifs durant l’exercice en raison de la faiblesse de la livre et des surcapacités en Europe. Au total, Ryanair prévoit « prudemment » une hausse de 8% de son bénéfice net pour 2017-2018, attendu entre 1,4 et 1,45 milliard d’euros.

La facture de carburant devrait reculer de 70 millions d’euros l’an prochain, mais la compagnie compte utiliser cette économie pour baisser les tarifs.

Ryanair rappelle aussi « les incertitudes significatives » liée à la prochaine sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, et continue d’agiter le risque d’une interruption temporaire des vols entre le Royaume-Uni et l’Union européenne après mars 2019 en cas de « Brexit dur » .

« Nous espérons que le Royaume-Uni restera à l’intérieur du Ciel Ouvert européen, ce qui n’entraînerait aucun changement pour les consommateurs et les visiteurs au Royaume-Uni » , déclare Michael O’Leary. Cependant, « en l’absence d’une telle certitude ou de perspectives, nous allons faire porter notre croissance en dehors du Royaume-Uni en 2017 et 2018 afin de capitaliser sur les nombreuses opportunités ailleurs en Europe » , poursuit-il.

Ryanair dit s’intéresser notamment à l’Italie, l’Allemagne, la Roumanie et la Pologne, où des concurrentes « traditionnelles » subissent de « profondes restructurations » , entendre Alitalia, airberlin, Tarom et LOT.  Dans ce contexte, la compagnie entrevoit « davantage de possibilités pour 2018 et 2019 que l’augmentation prévue de notre flotte ne peut le permettre » , indique le directeur général de Ryanair.

Ainsi, la compagnie annonce qu’elle se prépare à réviser son plan de flotte avec Boeing pour permettre une croissance plus agressive en 2018 et 2019. Ryanair souhaite prolonger les leasing de dix appareils en service actuellement et bénéficier de créneaux de livraison additionnels pour de nouveaux avions au cours des 24 prochains mois. « Nous sommes conscients de la nécessité de disposer de moyen-courriers supplémentaires car des opportunités de croissance uniques apparaissent » , fait savoir Michael O’Leary.

Photo © Paul BANNWARTH : Boeing 737-800 de Ryanair en livrée spéciale Boeing (EI-DCL)

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