Airbus : les A320 vont pouvoir économiser du carburant au roulage

Airbus a annoncé que l’EASA vient de certifier le système de tractage TaxiBot pour la famille A320, une innovation qui permet notamment de réduire la consommation de carburant lors des phases de roulage.

Le TaxiBot est un véhicule semi-robotique conduit par un pilote, conçu pour le tractage des avions depuis la porte d’embarquement jusqu’à la piste principale, et vice-versa, sans que les appareils n’aient besoin de mettre en marche leurs moteurs.

La phase de roulage sur les pistes peut représenter jusqu’à 5%, voire 10% de la consommation totale d’un monocouloir opérant plusieurs trajets moyen-courriers dans la journée. Ceci essentiellement en raison de la faible efficacité des moteurs tournant à bas régime.

Ainsi, l’utilisation de TaxiBot offre, selon Airbus, « une réduction drastique » du carburant consommé, un atout pour les compagnies aériennes car le jetfuel est l’un de leurs principaux postes de dépenses. Les autres avantages comprennent une réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi une diminution des risques d’ingestion de débris par les moteurs.

La certification de TaxiBot par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) fait suite à une phase d’essais exhaustifs au centre d’Airbus à Toulouse. Le système est développé par Israël Aerospace Industries (IAI) et le groupe TLD.

« Nous avons testé des manœuvres inhabituelles comme les demi-tours pour nous assurer que le confort des passagers ne serait pas compromis » , a expliqué Guy Defresne, en charge du projet TaxiBot chez Airbus. « Nos essais ont confirmé que la contrôlabilité est bonne et que les charges sur le train avant sont conformes aux spécifications de l’avion » .

Le système TaxiBot est plus particulièrement destiné au roulage des avions allant décoller plutôt que venant d’atterrir. « À l’arrivée, le roulage est généralement plus court et l’avion est plus léger car il a brûlé son carburant, de sorte que les avantages sont réduits« , a fait remarquer Guy Defresne. « Cependant, cela pourrait avoir un intérêt dans des aéroports comme Amsterdam-Schiphol où la piste est très éloignée du terminal, et dans les aéroports américains où le trafic au sol est très chargé » .

D’autres solutions ont été développées pour économiser le carburant lors des phases de roulage, notamment par Airbus et Honeywell, telles que l’ajout de moteurs électriques sur les trains des appareils. L’énergie est alors fournie par les APU. Mais contrairement à ces solutions, le TaxiBot n’augmente pas la masse, ne réduit pas les capacités cargo, et ne nécessite pas de modifier les systèmes de l’appareil.

TLD a réalisé une vidéo (en Anglais) expliquant le fonctionnement du système TaxiBot, avec les impressions des personnels de Lufthansa après des tests sur Boeing 737. Le système est prévu pour les appareils gros porteurs.

Photo Airbus

5 thoughts on “Airbus : les A320 vont pouvoir économiser du carburant au roulage

  1. Qu’advient il du tracteur au point d’arret de la piste quand il est détaché de l’avion ? A quel moment le pilote met en route les réacteurs ? avant ou aprés le décrochage ? et qui assure la présence anti feu lors de cette mise en route ? Et qui assume le délai induit a cet endroit stratégique pour la capacité de la piste. Quand a attendre un avion a l’arrivée pour l’accrocher encore faut il savoir ou il dégage la piste ! AFR avait déja testé le tractage jusqu’a la piste avec des tracteurs classiques dans les années 80 pour des vols en B727 qui étaient limite en carburant. Cela a été vite abandonné compte tenu des délais lies aux manoeuvres de retour des tracteurs (qui ne sont pas habilités a se déplacer sur route) Et si toutes les compagnies suivent, cela va largement augmenter le trafic au sol sur les grands aeroports !!!!

    • C’est exact. La manoeuvre est trop compliquée pour que tout fonctionne avec fluidité. Par exemple, AF a environ une quinzaine de départ autour de 7h le matin…il en faudra combien d’engins?? Perte de temps et d’argent au final…

  2. Oui parce qu’évidemment vous avez absolument toutes les données en main pour mieux mesurer la performance globale des engins plutôt que les compagnies et aéroport…

  3. Une idée qui a beaucoup de sens. Le bénéfice concernera également la réduction des nuisances sonores voire même à terme le dimensionnement des taxiways car on réduit la marge d’erreur de manœuvre en se plaçant au plus près du train et en sus on supprime les risques d’ingestion de corps étrangers par les réacteurs passant au ras du sol en bordure de taxiways. Une réponse au problème de temps de décrochage du tracteur pourrait être de créer plusieurs tronçons « petits » taxiways à proximité de la piste.enfin il serait surement plus aisé et rapide d’équiper le tracteur d’un système de clairance de roulage complexe que l’avion lui même (moins de certif, pas de souci de commonalité de flotte, intégration CDM etc…).

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