Air France-KLM détaille Boost

Lors de sa journée investisseurs vendredi dernier, Air France-KLM a détaillé le projet « Boost » qui porte la création d’une nouvelle compagnie aérienne avec des coûts réduits de 15% à 18% en comparaison d’Air France. Le groupe a confirmé son lancement pour la saison hiver 2017-2018.

Selon la présentation d’Air France-KLM en date du 12 mai, la nouvelle compagnie devrait opérer environ 10% de l’activité d’Air France avec une flotte « tout Airbus » de 18 avions moyen-courriers d’ici 2018 et de 10 avions long-courriers d’ici 2020.

« La nouvelle compagnie permettra au groupe de lutter dans un environnement ultra-concurrentiel et de poursuivre ses ambitions de croissance » , a expliqué Air France-KLM. Plusieurs lignes moyen-courriers serviront à alimenter le hub. Les lignes long-courriers viseront notamment l’Asie, face aux compagnies du Golfe, et proposeront en outre de nouvelles destinations. Le réseau n’a pas été dévoilé mais le projet prévoit que 70% de l’activité de Boost soit consacrée à des routes d’Air France aujourd’hui déficitaires, pour éviter leur fermeture. Les 30% d’activité restants seront dévolus à l’ouverture de nouvelles lignes.

Sur le plan marketing, la nouvelle compagnie sera orientée vers « de nouveaux segments de clientèle » , en particulier les « Millennials » , la génération née entre 1980 et 2000. L’expérience passagers sera « distincte » mais « alignée » sur les standards d’Air France. L’offre devra être perçue, selon le groupe, comme « plus accessible, différente mais non dévaluée » en comparaison de la compagnie historique. À bord, le service de repas et boissons sera nouveau et la proposition de divertissements, « connectée » . S’inspirant du modèle low-cost, la nouvelle compagnie vise à réduire les coûts de catering et d’escale, et proposera à bord de nombreuses options payantes.

Le modèle d’affaires, qui vise « une croissance rentable » , est décrit comme « ambitieux » . Air France affrètera en wet-lease les avions de Boost et leurs équipages. L’objectif est d’avoir des coûts unitaires (hors carburant) de 15% inférieurs à ceux d’Air France sur moyen-courrier, et de 18% inférieurs sur long-courrier.

Le groupe s’attend à une réduction supplémentaire des coûts unitaires avec l’arrivée des A350-900 à l’hiver 2019-2020. Ces appareils auront une « configuration optimisée » grâce à une réduction du volume des galleys.

La flotte de Boost sera limitée à 18 moyen-courriers A320 et A321 (17 l’hiver) ; et à dix long-courriers A340 ou A350. Le plan de flotte comprend une montée en puissance progressive. À son lancement cet hiver, la compagnie opèrera six A321, le nombre de 18 monocouloirs étant atteint à l’été 2019. Les opérations long-courriers commenceront à l’été 2018 avec trois ou quatre A340. Ceux-ci seront renforcés par trois A350 à partir de l’hiver 2019-2020. La flotte long-courrier sera constituée uniquement d’A350 dès l’été 2021, avec dix appareils. Dans le détail :

  • hiver 2017-2018 : six Airbus A321
  • été 2018 : onze A321 et trois ou quatre A340
  • hiver 2018-2019 : onze A321, six A320 et quatre A340
  • été 2019 : douze A321, six A320 et quatre A340
  • hiver 2019-2020 : onze A321, six A320, quatre A340 et trois A350
  • été 2020 : douze A321, six A320, quatre A340 et six A350
  • hiver 2020-2021 : onze A321, six A320, trois A340 et sept A350
  • été 2021: douze A321, six A320 et dix A350.

Toutefois, l’approbation des pilotes d’Air France est nécessaire pour la création de cette nouvelle compagnie, filiale d’Air France. La direction a soumis au début du mois un projet d’accord aux syndicats représentatifs, qui reste ouvert à signature jusqu’au 31 mai inclus. Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, doit réunir son conseil mercredi prochain.

Par ailleurs, Boost prévoit le recrutement d’hôtesses et stewards (PNC) dans une filière distincte de celle d’Air France. Ce projet suscite l’opposition de deux syndicats représentatifs, le SNPNC-FO et L’UNSA-PNC. Ils accusent la compagnie de vouloir « créer une compagnie Boost avec comme unique but d’employer des PNC low-cost et d’accaparer progressivement l’ensemble des réseaux moyen et long-courrier d’Air France » . Ainsi, ils ont assigné en référé la direction d’Air France devant le Tribunal de grande instance de Bobigny. L’audience est prévue le 9 juin prochain.

Photo © Paul BANNWARTH : Airbus A340-300 d’Air France à Bâle-Mulhouse (14/12/2016)

 

6 commentaires sur “Air France-KLM détaille Boost

  1. SPOIL: Le SNPL a rejeté l’accord.
    Donc le SNPL a refusé l’accord depuis au moins 2 jours mais organise une réunion prochainement pour « débattre » du project.
    Le temps c’est de l’argent, et malheureusement chez AF on perd du temps, trop de temps.
    LEVEL bien qu’annoncé après opera sous peu ses premiers vols et les premieres reservations ont été tellement excellentes, que IAG pense déjà à un plan d’expansion de la flotte et l’ouverture de nouvelles base où Paris-CDG pourrait être retenu. De plus, Norwegian accélère son développement au départ Paris en basant un second Dreamliner et en ouvrant Orlando (a compter de novembre des 787-9 remplaceront les 787-8). Si cet accord traine encore, bien qu’en retard, Boost arrivera trop tard et récupéra les miettes laissées par la concurrence…
    Source: http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/air-france-le-bureau-du-snpl-refuse-l-accord-de-la-direction-sur-le-projet-boost-711772.html

    • On voit comment les syndicats occupent leurs journée. Toute ces destinations sont des gouffres économiques pour la compagnie mais la seul chose qui préoccupe les syndicats c’est comment ils pourront s’y rendre de nouveau en étant payer. BA, LH, EK, QR, EY desservent toute ces destinations, donc libre a vous de partir au lieu de pourrir la compagnie avec vos grèves et autres mouvement sociale.

  2. Si AF est en mesure de baisser ses coûts globaux de 15 à 18 %, en jouant UNIQUEMENT sur la productivité des PNC, il y a vraiment un problème !!! Sont-ils surpayés (ou sous-utilisés) à ce point ??
    En attendant, la concurrence s’installe, agit et réagit !!!

    • La moyenne d’âge des PNC AF est élevée, et donc les salaires aussi plus élevés du fait de leurs ancienneté.
      De fait, des PNC embauchés sans ancienneté « coutent » moins cher à l’entreprise… mais qu’ils soient embauchés AF comme Boost !

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