Ordinateurs en cabine : les compagnies se préparent à une possible interdiction sur les vols Europe-USA

Les États-Unis envisagent d’interdire en cabine tous les appareils électroniques plus grands que les smartphones sur les vols directs en provenance d’Europe. Les compagnies aériennes européennes et américaines se préparent à cette éventualité.

L’interdiction est déjà en place depuis mars dernier pour les vols directs vers les États-Unis depuis dix aéroports de huit pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Washington redoute que des groupes terroristes dissimulent des explosifs à l’intérieur des appareils électroniques.

Le département américain de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security – DHS) envisage d’étendre cette interdiction à d’autres vols mais aucune décision n’a été prise, a indiqué une porte-parole de cette administration. « Le DHS continue d’évaluer l’environnement de la menace et apportera des changements si nécessaire pour que les voyageurs aériens soient en sécurité » , a-t-elle déclaré.

En attendant, la Commission européenne a demandé à Washington, selon l’AFP, « la tenue rapide de rencontres » pour discuter de cette éventualité, « tant au niveau technique que politique » .

Si l’interdiction était étendue aux vols entre l’Europe et les États-Unis, elle toucherait alors l’un des axes les plus fréquentés du monde, avec près de 300 vols par jour cet été. Face aux perturbations qu’une telle mesure pourrait engendrer, les compagnies aériennes prennent les devants.

« KLM suit la situation et se prépare à prendre des mesures si l’interdiction est annoncée » , a indiqué KLM dans un communiqué publié hier soir, précisant qu’il n’est pas encore certain « que l’interdiction sera prise ni quand elle entrera en vigueur » .

« Nous sommes en contact avec nos partenaires et les autorités, et nous nous préparons à la possibilité » , a déclaré à Bloomberg Ulli Gendrot, porte-parole d’Air France.

De son côté, Lufthansa « travaille en interne sur différents scénarios pour répondre à toute extension de l’interdiction » , a expliqué Helmut Tolksdorf, porte-parole du groupe allemand.

Les compagnies aériennes américaines ont également indiqué être en contact avec les autorités américaines. Delta Air Lines a d’ailleurs jeté le trouble hier vendredi en affichant brièvement un panneau à l’aéroport de Cincinnati informant les passagers internationaux que les téléphones étaient les seuls appareils électroniques autorisés en cabine sur les vols en direction des États-Unis à compter du 12 mai. La compagnie aérienne a dû immédiatement réagir et a expliqué que ce panneau avait été posté « par erreur » .

Les transporteurs déjà touchés par l’interdiction, notamment Emirates, ont signalé une diminution du remplissage des vols vers les États-Unis. La perspective d’une extension à d’autres régions commence à susciter des inquiétudes dans l’industrie du tourisme aux États-Unis. Le directeur de la Global Business Travel Association, Michael McCormick, a douté dans un communiqué que l’interdiction soit « une mesure efficace pour réduire les risques de terrorisme » .

L’EASA, quant à elle, s’est déjà inquiétée, pour des raisons de sécurité, de l’augmentation du nombre des appareils électroniques en soute quand ils sont interdits en cabine. « L’allumage spontané ou l’emballement thermique des batteries au lithium présentent des risques de sécurité qui doivent être pris en compte » , a expliqué Patrick Ky, le directeur exécutif de l’agence en charge de la sécurité aérienne.

Pour mémoire, les États-Unis ont interdit en cabine depuis le 21 mars les appareils électroniques plus grands que les smartphones, soit les ordinateurs portables, les tablettes ou encore les liseuses électroniques, sur les vols directs en provenance des aéroports de Casablanca-Mohamed V, Amman-Queen Alia, Le Caire, Istanbul-Ataturk, Jeddah-King Abdul-Aziz, Riyadh-King Khalid, Koweït, Doha-Hamad International, Dubaï-International et Abu Dhabi.

Le Royaume-Uni a suivi et interdit ces appareils sur tous les vols arrivant depuis six pays : Turquie, Liban, Jordanie, Égypte, Tunisie et Arabie Saoudite.

Photo Lufthansa

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