Boost : Air France soumet un projet d’accord à ses pilotes

Air France a annoncé mercredi qu’elle a soumis aux syndicats représentatifs des pilotes un projet d’accord sur le projet « Boost » qui doit permettre la création d’une nouvelle compagnie aérienne à coûts réduits. La réponse des syndicats est attendue pour le 31 mai 2017.

Le projet ouvre la voie à la création d’une nouvelle compagnie qui sera une filiale à 100% d’Air France, et dont les vols seront opérés par des pilotes d’Air France. « La contribution économique des pilotes liées à la création de la nouvelle compagnie est mutualisée sur l’ensemble des pilotes » , a indiqué le 3 mai Air France dans un communiqué.

Le projet d’accord prévoit que la flotte de la nouvelle compagnie soit limitée à 18 avions moyen-courrier et 10 avions long-courrier, avec des garanties sur le périmètre d’activité. Ainsi, la croissance de l’offre d’Air France permettra « de respecter la production balance » avec KLM, selon la direction de la compagnie française.

Le projet vise à améliorer la compétitivité d’Air France. Différentes mesures « à fort impact économique » sont proposées dont la suppression d’un jour de repos en moyen-courrier et l’optimisation des cabines des Airbus A330 et A350. En échange des efforts que consentiraient les pilotes, Air France s’engage à ne pas mettre en oeuvre la réduction de la majoration des heures de nuit, comme prévu dans Transform 2015, grâce à « l’équilibre global de ces mesures » .

Par ailleurs, le projet d’accord comprend également différentes mesures portant sur la formation et l’activité des pilotes.

« Ce projet d’accord est un compromis positif, ambitieux, équilibré, qui permet de solder un grand nombre de sujets majeurs en discussion entre Air France et ses pilotes depuis plusieurs années » , a déclaré Jean-Marc Janaillac. « Il permettra à l’entreprise d’aller de l’avant » .

Le dirigeant annonce en outre que la création de la nouvelle compagnie est prévue « dès cet automne » .

Un coup de poker ?

Reste à savoir si les pilotes répondront favorablement à ce projet d’accord, ouvert à signature jusqu’à la fin du mois. Leur approbation est nécessaire pour la création d’une nouvelle compagnie filiale d’Air France.

Le 20 février dernier, une large majorité d’entre eux se sont prononcés favorablement sur le principe de cette nouvelle compagnie, lors d’une consultation organisée par le principal syndicat, en l’occurrence le SNPL.

Cependant, la direction a fait parvenir le projet annoncé ce jour sans qu’un accord préalable n’ait été finalisé – et ce malgré quatre mois de négociation avec le SNPL et le deuxième syndicat représentatif, le SPAF. C’est donc en quelque sorte un coup de poker que tente Air France.

« Chacun est allé au bout de ses positions dans la négociation, et désormais chacun doit prendre ses responsabilités » , a fait savoir Jean-Marc Janaillac, le président d’Air France. « Ce qui se joue, c’est l’avenir d’Air France et sa capacité à s’engager dans une nouvelle phase de croissance durable et de reconquête » .

Par ailleurs, le projet Boost suscite l’opposition de deux syndicats représentatifs de PNC, le SNPNC-FO et L’UNSA-PNC. Ils accusent la compagnie de vouloir « créer une compagnie Boost avec comme unique but d’employer des PNC low-cost et d’accaparer progressivement l’ensemble des réseaux moyen et long-courrier d’Air France » .

Ainsi, ils ont assigné en référé la direction d’Air France devant le Tribunal de grande instance de Bobigny, notamment pour « interdire toute démarche visant à la mise en œuvre du projet Boost tant que des négociations n’auront pu être menées avec toutes les organisations syndicales représentatives pour les différentes catégories professionnelles de manière globale et loyale » . L’audience est prévue le 9 juin prochain.

Photo © Paul BANNWARTH : Airbus A340-300 d’Air France