Grève HOP! Air France : plus de 240 vols annulés en deux jours, une mobilisation « massive »

La compagnie aérienne HOP! Air France a indiqué avoir annulé plus de 240 vols les 7 et 8 avril, suite au mouvement de grève des personnels au sol et des hôtesses et stewards. Les syndicats font état d’une mobilisation « massive » et demandent à être rassurés sur l’avenir de la filiale d’Air France.

HOP! Air France a annulé au moins 162 vols le 7 avril et se prépare à en annuler au moins 85 ce 8 avril, selon la liste affichée sur son site Internet pour les journées de vendredi et samedi. De nombreuses escales du réseau sont concernées, les hubs de Paris-Orly et Lyon, mais aussi Paris-CDG, Lille, Marseille, Nantes, Clermont-Ferrand…

La compagnie, qui opère 600 vols par jour (moins le week-end), a annoncé maintenir 80% de ses vols vendredi tout en prévoyant d’en assurer 82% ce samedi.

Des chiffres contestés par l’intersyndicale CGT HOP! UNAC, CFDT, UNSA, SNPNC à l’origine du mouvement. La direction de HOP! annonce un taux d’annulation « en rajoutant les Airbus d’Air France, alors que son personnel n’est pas concerné par la grève » , fait savoir Philippe Guégan-Benadel de la CGT HOP!. Selon lui, ce sont 210 vols qui ont été annulés « en préventif » pour la seule journée de vendredi, dont « 127 vols HOP! et 83 vols Air France (sur Roissy-CDG, les Embraer de HOP! sont affrétés par Air France) » . Pour remplacer les avions cloués au sol par les différents arrêts de travail, HOP! a fait appel à des compagnies externes pour 40 vols tandis qu’Air France a assuré en propre 10 vols de HOP!,  explique aussi le syndicaliste.

HOP! n’a pas communiqué le taux de grévistes. Mais le mouvement est « massivement » suivi par « l’ensemble des salariés, tout métiers confondus, à l’exception des pilotes » , assure le représentant de l’Intersyndicale. Ainsi, Philippe Guégan-Benadel annonce un taux de 89% de grévistes chez les PNC, de « plus de 70% » chez les techniciens, et de 80% voir 100% chez les personnels au sol des escales commerciales (enregistrement, bagages aux aéroports).

Déclenché par la CGT HOP! et l’UNAC, le mouvement a été rejoint par le SNPNC (PNC), la CFDT et l’UNSA. En cause, « le bilan de la fusion » des trois ex-filiales régionales d’Air France, Airlinair, Britair et Régional, qui ont donné naissance à HOP!. Les syndicats s’inquiètent pour l’avenir de la compagnie. Ainsi, depuis le lancement du projet il y a un peu moins de cinq ans, la CGT constate « la disparition de 28 appareils » , la flotte étant passée de 93 avions en 2012 à 65 à la saison été 2017.

« Cette baisse d’activité aurait pu entraîner une baisse de la charge de travail dans l’entreprise. Mais non, bien au contraire! », écrit le syndicat dans un tract, et poursuit : « entre Plan de Départs Volontaires et ‘réorganisation’, les salariés n’en peuvent plus. Dans les faits, au lieu d’une ‘réorganisation’, c’est une ‘désorganisation’ totale qui a vu le jour. Les salariés craquent et les élus CHSCT Maintenance, Administration-escale et PNC ont dû déclencher plusieurs droits d’alerte, une procédure de « danger grave et imminent », et des enquêtes sur les Risques Psycho-Sociaux engendrés par cette fusion. Et comme si cela ne suffisait pas, la négociation de nouveaux accords collectifs rendue nécessaire par cette fusion se déroule dans la douleur. En effet, au lieu de saisir cette occasion pour unifier l’ensemble des salariés des trois ex compagnies, la direction, dans une démarche de ce qu’elle nomme ‘le contrôle de la dérive de la masse salariale’, tente d’imposer des accords collectifs ‘low-cost' » .

Ainsi, les revendications portent sur « la définition claire du périmètre d’activité » de HOP! ; la présentation d’un Business Plan; le maintien de la flotte à son niveau actuel, avec une garantie sur l’avenir des secteurs ; le remplacement « un pour un » des pilotes en départ vers Air France ; des « mesures concrètes et rapides » sur l’amélioration des conditions de travail ; et « la négociation d’accords en privilégiant l’harmonisation non pas par le moins disant des statuts collectifs de chaque ex-compagnie mais en respectant les décisions communes émanant de débats construits et cohérents » .

Une lettre et un mail ont été adressés au secrétaire d’État aux transports, Alain Vidalies, pour lui demander la médiation du gouvernement dans ce conflit, nous a confirmé dans un message Philippe Guégan-Benadel, le représentant de l’intersyndicale.

De son côté, la direction de HOP! « déplore le maintien de cette grève venant pénaliser la clientèle de la compagnie en cette période de vacances scolaires » . Elle assure que les équipes « mettent tout en œuvre pour limiter les désagréments que cette grève occasionnera pour ses clients » . Des mesures commerciales sont en place, détaillées sur le site de la compagnie.

Photo © Paul Bannwarth : ATR 72-600 F-HOPN de HOP! Air France à l’aéroport de Bâle-Mulhouse ( 15/07/2016)