L’EASA s’inquiète de l’interdiction des appareils électroniques en cabine

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L’interdiction en cabine des ordinateurs et autres tablettes est susceptible de poser des problèmes de sécurité, a indiqué l’EASA hier jeudi en rappelant que leur transport en soute n’était pas sans danger.

La mise en garde de l’Agence européenne en charge de la sécurité aérienne intervient moins de trois semaines après l’interdiction en cabine des appareils plus grands que les smartphones par les États-Unis et le Royaume-Uni sur les vols directs en provenance de certains pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Washington et Londres redoutent que des groupes terroristes y placent des explosifs.

L’EASA s’inquiète pour sa part de l’augmentation du nombre de ces appareils électroniques en soute après leur interdiction en cabine.

« Nous devons prendre toutes les précautions pour nous assurer que l’atténuation d’un risque n’entraîne pas un autre risque » , a déclaré Patrick Ky, le directeur exécutif de l’EASA. « La sécurité des passagers et des équipages est notre priorité absolue. L’allumage spontané ou l’emballement thermique des batteries au lithium présentent des risques de sécurité qui doivent être pris en compte » , a-t-il expliqué.

Ainsi, l’EASA a publié mercredi 5 avril 2017 un bulletin d’information sur la sécurité (SIB) préconisant plusieurs mesures pour le transport des ordinateurs et autres tablettes en soute. « Les appareils électroniques personnels contenant des batteries au lithium sont considérés comme des produits dangereux » , a rappelé l’Agence. Elle « préfère » que les passagers les transportent en cabine. « Cela permet à l’équipage de réagir rapidement dans l’éventualité où un incident impliquant un tel appareil se produirait » , a-t-elle expliqué.

Néanmoins, en cas d’interdiction en cabine, les appareils électroniques placés dans les bagages enregistrés doivent être complètement désactivés et il faut en informer suffisamment les passagers, a insisté l’EASA. Les appareils doivent aussi être protégés contre une activation accidentelle, en fermant toutes les alarmes ou applications qui peuvent déclencher leur fonctionnement. Pour éviter qu’ils ne soient endommagés, les appareils doivent être bien emballés et placés dans des bagages rigides.

L’EASA ajoute une recommandation aux compagnies aériennes qui collectent les appareils électroniques au dernier moment, à la porte d’embarquement comme c’est le cas notamment d’Emirates : les appareils devraient être dispersés dans la soute, et non regroupés et stockés dans un même endroit, et être tenus « loin de toute autre marchandise dangereuse » .

Les recommandations de l’EASA ne s’imposent pas aux compagnies aériennes. Il appartient aux autorités nationales en charge de la sécurité aérienne de les transposer, ou non, dans leurs réglementations.

Pour mémoire, les États-Unis ont interdit en cabine depuis fin mars les appareils électroniques plus grands que les smartphones sur les vols directs en provenance des aéroports de Casablanca-Mohamed V, Amman-Queen Alia, Le Caire, Istanbul-Ataturk, Jeddah-King Abdul-Aziz, Riyadh-King Khalid, Koweït, Doha-Hamad International, Dubaï-International et Abu Dhabi.

Le Royaume-Uni vise, lui, tous les vols arrivant depuis six pays : Turquie, Liban, Jordanie, Égypte, Tunisie et Arabie Saoudite.

Photo source IATA / Twitter