Le CDG-Express, un « échec annoncé » selon le SCARA

Le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes (SCARA) a une nouvelle fois dénoncé le projet CDG-Express, une desserte selon lui « onéreuse et non viable » et qui plus est « pénalisante pour les compagnies aériennes » .

Ce n’est pas la première fois que le SCARA dénonce le CDG-Express, cette liaison ferroviaire qui doit permettre fin 2023 de relier directement, en 20 minutes, la Gare de l’Est et l’aéroport Charles-de-Gaulle. En cause, le mode de financement qui s’appuiera sur une taxe sur les billets d’avion à partir de 2024, une fois la liaison mise en service. Mais à cela s’ajoutent des griefs sur la viabilité du projet.

Dans un communiqué intitulé « CDG-Express : décodage d’un échec annoncé » , le syndicat, qui regroupe notamment Air Austral, Air Corsica et ASL Airlines, estime que le projet fait double emploi avec la prolongation de la ligne 17 automatisée du métro. Ainsi, le CDG-Express est « une desserte parallèle onéreuse et non viable qui fait peser une contrainte financière inutile et une fois de plus pénalisante pour les compagnies aériennes » , écrit le syndicat.

Il préconise plutôt d’affecter des navettes à la ligne 17 pour la desserte directe de l’aéroport, une solution qui « n’a jamais été étudiée » mais qui serait « plus efficace tant en termes financiers qu’en termes d’utilisation, puisqu’elle s’inscrit dans le maillage du métro et de ses nombreuses possibilités de correspondances, contrairement à CDG-Express qui n’est relié à aucun réseau » .

Le SCARA pointe aussi « une technologie obsolète » , car, contrairement à toutes les nouvelles lignes de métro mises en ligne depuis 1998, le CDG-Express ne sera pas une navette à pilotage automatique intégral.

Le prix du billet du CDG-Express pour l’utilisateur est également mis en cause. Aujourd’hui fixé à 24 euros, il avoisine pour deux personnes le prix d’un déplacement en taxi ou en VTC, fait remarquer le syndicat. En outre, la ligne 17 du métro desservira l’aéroport de Paris-CDG en moins de 30 minutes pour un tarif inférieur, « de l’ordre du prix d’un ticket de métro » .

Avec ceci, le SCARA doute du modèle économique du CDG-Express. Selon lui, les prévisions de trafic sont « surestimées » et rendent « inévitable » une nouvelle augmentation de la taxe sur les billets d’avion à l’horizon 2024 « pour compenser les déficits déjà prévisibles » .

Il dénonce à cet égard « des budgets d’investissement non maîtrisés » , ne prenant pas en compte « des contraintes techniques onéreuses telles que l’enfouissement du passage du train Porte de la Chapelle ou encore le souterrain piéton entre la gare de l’Est et la Gare du Nord » .

Le SCARA souligne d’ailleurs que la taxe qui sera prélevée sur les billets d’avion a été « brutalement augmentée de 40 %, alors que les travaux n’ont pas même encore commencé, augmentation qui représente un prélèvement annuel supplémentaire de plus de 20 millions d’euros par an » .

Pour le SCARA, cette augmentation confirme ses craintes mais aussi « les réserves émises par l’Autorité environnementale (CGEDD), par l’ARAFER et par de nombreux députés lors du débat à l’Assemblée Nationale quant aux prévisions budgétaires et au financement du projet actuel » .

Cette prise de position du syndicat intervient quelques jours après l’accord intervenu entre le Groupe ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts sur le modèle économique et financier du gestionnaire d’infrastructure du CDG-Express. À cette occasion, le Groupe ADP a estimé que « ce projet constitue un enjeu majeur pour la compétitivité et l’attractivité de la France, dans le cadre en particulier des soutiens des candidatures de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 et à l’Exposition Universelle de 2025 » .

Visuel : tracé du CDG-Express

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