Le SNPL s’invite dans la campagne présidentielle

À l’occasion de la campagne présidentielle en cours, le Syndicat national des pilotes de ligne France Alpa (SNPL) propose six leviers pour relancer le pavillon français qui est, selon lui, « en train de passer à côté des marchés de demain » .

Le SNPL a choisi d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle, les parlementaires et plus généralement les décideurs de la vie politique, afin d’engager un débat sur la relance du pavillon aérien français.

Le transport aérien français « a perdu plus de 10 % de parts de marché en 2003 et 2016, dans un marché mondial en croissance de 5 % » , constate le syndicat qui veut donner à ce secteur « un nouvel élan » .

S’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes paru en septembre 2016, le SNPL pointe « la nécessité pour l’Etat français d’engager une politique volontariste privilégiant l’allègement des charges et des taxes et l’instauration d’une compétition équitable afin de permettre au pavillon français de lutter avec de meilleures armes contre la concurrence des transporteurs du Golfe, subventionnés par leurs Etats, et les compagnies low-cost qui n’hésitent pas à contourner le droit du travail en employant massivement travailleurs détachés et faux indépendants » .

Ainsi, le syndicat annonce jeudi qu’il a adressé aux futurs représentants des pouvoirs publics un fascicule contenant « six leviers d’action stratégique » :

  • Le rétablissement d’une concurrence équitable avec les compagnies long-courriers :

Le SNPL demande à conditionner l’accord de la France sur un ciel ouvert entre l’Union Européenne et les États tiers (dont les pays du Golfe) à la mise en œuvre « de clauses solides de concurrence loyale » . Les droits de trafic pour les compagnies du Golfe devront être gelés pendant la négociation de l’accord.

  • Une réorientation de l’Union européenne pour lutter contre le dumping social :

Le syndicat souhaite « durcir et encadrer » plus strictement les règles du détachement au sein de l’Union européenne. Il plaide pour une stratégie commune avec l’Allemagne sur la lutte contre la fraude au détachement (comme cela s’est fait pour le secteur routier).

  • Une répartition plus équitable du financement de la solidarité internationale :

Le SNPL demande la mise en œuvre d’un moratoire temporaire sur la taxe de solidarité (dite « Taxe Chirac ») et la sortie du secteur aérien de l’assiette de cette taxe ou l’élargissement de l’assiette de cette taxe à d’autres secteurs d’activité.

  • Un rééquilibrage du modèle de financement de la sûreté et des nouveaux investissements aéroportuaires :

Pour le syndicat, il s’agit de « rationaliser » les dépenses de sûreté et faire participer l’Etat à leur financement; d’élargir la taxe d’aéroport à l’ensemble de la communauté aéroportuaire ou encore de mieux contrôler l’utilisation de cette taxe; et d’exclure une taxation sur les compagnies aériennes pour financer le CDG Express.

  • Une réorientation de la stratégie de l’Etat-régulateur :

Le SNPL plaide pour une baisse du montant des redevances aéroportuaires ; et pour une modification du cadre de négociation pour les redevances aéroportuaires entre Paris Aéroport (groupe ADP) et les compagnies aériennes, et des modalités de calcul (suppression du principe de « double-caisse » ).

  • Un renforcement de la lutte contre la fraude et le travail illégal :

Le syndicat souhaite un encadrement de la notion de base d’affectation au niveau européen ; une augmentation des moyens humains de l’OCLTI (Office central de lutte contre le travail illégal) et la mise en œuvre d’un plan de lutte contre le travail illégal dédié au transport aérien.

« Le transport aérien ne doit plus être considéré comme une vache à lait et ne peut rester le laboratoire des mauvaises pratiques » , souligne dans un communiqué Erick Derivry, président du SNPL France ALPA. « Le SNPL ne revendique ni protectionnisme ni aide de l’Etat, mais un juste équilibre pour que la concurrence s’exerce sur un terrain de jeu équitable, en France comme en Europe et vis-à-vis des compagnies concurrentes dans le monde. Il y a urgence à agir et une stratégie assumée d’Etat est indispensable à la pérennité et au développement des compagnies aériennes basées en France » .

Le fascicule du SNPL peut être consulté ci-après :

SNPL_Transport Aerien_relance_pavillon_francais
Photo d’illustration © Boeing