Tablettes et ordinateurs portables interdits en cabine : Londres emboite le pas à Washington

Après les États-Unis, le Royaume-Uni interdit à son tour les ordinateurs portables et les tablettes en cabine sur les vols en provenance de six pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

La décision du gouvernement britannique concerne tous les vols arrivant directement de Turquie, du Liban, de Jordanie, d’Égypte, de Tunisie et d’Arabie Saoudite. Cette liste diffère de celle dressée par son les autorités américaines quelques heures plus tôt : les Emirats arabes unis et le Qatar notamment ne sont pas concernés.

Une autre différence est que la mesure du Royaume-Uni s’applique, de fait, aussi bien aux transporteurs britanniques que non britanniques : six compagnies aériennes du Royaume-Uni sont en effet impactées ; British Airways, easyJet, Jet2.com, Monarch, Thomas Cook Airlines, Thomson Airways ; et huit battant un autre pavillon : Turkish Airlines, Pegasus Airlines, AtlasGlobal Airlines, Middle East Airlines (MEA), EgyptAir, Royal Jordanian, Tunisair et Saudia.

L’interdiction d’emport en cabine porte sur les appareils électroniques dont la dimension est supérieure à 16 cm de long par 9,3 cm de large par 1,5 cm de profondeur. Selon le secrétariat aux Transports britannique, la plupart des smartphones seront ainsi autorisés en cabine, y compris les iPhone 7 Plus, Samsung Galaxy 7 Edge, Samsung Galaxy Note 3, LG G3 et Sony Xperia Z2.

Les appareils électroniques achetés en duty free juste avant le vol sont également concernés par la nouvelle réglementation. Aucune date n’est fixée pour son entrée en vigueur mais les compagnies doivent l’appliquer sans délai.

La mesure est susceptible d’affecter les passagers des compagnies low-cost, qui auraient décidé de ne pas enregistrer de bagages en soute par mesure d’économie, ainsi que les voyageurs d’affaires qui ne pourront pas utiliser leurs ordinateurs portables pendant le vol.

« Nous comprenons la frustration que la décision causera, mais notre priorité absolue sera toujours de maintenir la sécurité des ressortissants britanniques » , indique le secrétariat d’État, sans autres détails.

Le gouvernement américain a, pour sa part, justifié sa décision par la crainte que des groupes terroristes dissimulent des engins explosifs dans les appareils électroniques.

«Il semblerait notamment qu’Al Qaeda dans la péninsule arabique, et plus particulièrement sa branche au Yémen, travaille sur ce type de technique » , a confié à Libération un ancien des services français de renseignement. « La DGSE est donc consultée par le gouvernement (français) pour fournir une recommandation en ce sens » , a-t-il ajouté. Cependant, la France n’a encore pris de décision, a indiqué au quotidien le cabinet du secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies.

Le Canada dit également réfléchir à cette mesure. Berlin, pour l’heure, l’a exclue.

Photo : passager utilisant son ordinateur portable à bord d’un vol British Airways (Première classe) – © British Airways