Alitalia adopte un nouveau plan de restructuration

Le Conseil d’administration d’Alitalia a adopté mercredi un nouveau plan de restructuration qui vise un retour à la rentabilité en 2019. Ce plan prévoit de réduire les coûts d’un milliard d’euros, avec à la clé notamment des suppressions de postes, tout en augmentant les revenus de 30%. Sur moyen-courrier, la compagnie va évoluer sur le modèle low-cost. Sur long-courrier, elle entend développer ses liaisons transatlantiques.

Trois ans après son « sauvetage » par Etihad Airways, la compagnie italienne en difficulté a présenté mercredi un nouveau plan de restructuration qui, selon son communiqué, « comprend une série de mesures radicales » mais « nécessaires à l’ensemble de l’entreprise pour assurer sa durabilité à long terme » .

Alitalia entend réduire ses coûts d’un milliard d’euros, un objectif ambitieux pour une entreprise qui réalise 2,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Des suppressions de postes sont mentionnées mais l’ampleur n’est pas précisée. 2.000 à 3.000 postes seraient en jeu, selon la presse italienne. Le plan sera présenté jeudi au gouvernement italien puis discuté avec les syndicats.

« Le financement du plan par les actionnaires est soumis à l’acceptation par les syndicats d’Alitalia d’un nouvel accord collectif d’entreprise et de mesure sur les effectifs » , précise la compagnie aérienne.

En parallèle, Alitalia vise à augmenter de 30% son chiffre d’affaires d’ici 2019, pour le passer de 2,9 milliards d’euros à 3,7 milliards d’euros.

« Ces indicateurs de performance financière sont jugés réalistes et réalisables par des conseillers indépendants et les chiffres prévus devraient faire d’Alitalia en une entreprise rentable d’ici à 2019 » , assure la compagnie.

Le plan s’appuie sur « quatre piliers du changement » : un business plan « recalibré » ; des réductions de coûts et une augmentation de la productivité ; l’optimisation du réseau et des partenariats ; et des initiatives commerciales mettant à profit des investissements technologiques pour augmenter les revenus.

Le modèle low-cost sur moyen-courrier

Le modèle d’affaires moyen-courrier va évoluer considérablement pour être plus compétitif face aux compagnies low-cost qui détiennent aujourd’hui 47% de parts de marché en Italie – un record en Europe. « La plupart de nos clients volent sur nos avions court et moyen-courrier pour se connecter à nos services long-courrier » , explique Cramer Ball, le directeur général d’Alitalia « Si nous ne pouvons pas être concurrentiels en Italie et en Europe face aux transporteurs low-cost, nous perdrons les voyageurs aériens qui se connectent à nos vols intercontinentaux. En d’autres termes, il n’y a absolument aucune alternative » .

Concrètement, Alitalia va retirer de sa flotte 20 monocouloirs d’ici 2018. L’utilisation des appareils conservés sera optimisée : ils effectueront davantage d’heures de vol chaque jour. Leurs cabines seront densifiées par l’augmentation du nombre de sièges.

En outre, « sur les marchés court- et moyen-courriers, comprenant les vols domestiques en Italie et dans toute l’Europe, les passagers pourront personnaliser leur voyage » , annonce Cramer Ball. « Nous allons simplifier les tarifs des billets d’avion et offrir aux clients la possibilité d’acheter des produits tels que le choix du siège, l’enregistrement des bagages en soute et l’embarquement prioritaire. Sur les vols de quatre heures ou moins, nous introduirons le principe du buy-on-board (ventes à bord, ndlr), qui est non seulement devenu courant sur les transporteurs low-cost mais qui se développe aussi sur les compagnies aériennes traditionnelles. Nous offrirons à nos clients un choix de plats chauds et froids ‘made in Italy’ , des collations et des boissons à des prix compétitifs » .

Développement des liaisons transatlantiques sur long-courrier

Sur long-courrier, la compagnie conservera un service complet. Après les Airbus A330-300 qui ont déjà été modernisés, la flotte de Boeing 777 sera équipée à son tour d’un nouveau système de divertissement et d’une connectivité WI-FI. L’arrivée d’un premier 777-300ER de 382 places est confirmée pour le mois d’août 2017.

En termes de réseau, Alitalia prévoit d’augmenter les liaisons entre l’Italie et les Amériques – « l’un de ses marchés les moins desservis » selon la compagnie. Pour ce faire, Alitalia devra obtenir l’accord de ses partenaires au sein de la co-entreprise transatlantique, Air France-KLM et Delta Air Lines. Alitalia indique qu’elle « réévaluera ses options transatlantiques pour tenter de voler plus fréquemment sur les itinéraires existants et d’ajouter de nouvelles destinations sur le continent américain » . La compagnie italienne entend également renforcer sa présence à Milan-Linate, en Sicile et en Sardaigne.

Digital et renégociation des contrats

Sur le plan de la distribution, Alitalia souhaite développer le digital et les ventes sur tablettes et téléphones mobiles. « Environ 20% de nos clients utilisent déjà des moyens en ligne pour réserver leurs vols et nous visons à augmenter ce chiffre à plus de 50% » , détaille Cramer Ball.

Par ailleurs, la compagnie poursuit les discussions avec ses fournisseurs pour renégocier les contrats et réduire les coûts « à des niveaux comparables à ceux de la concurrence » . Ces fournisseurs incluent les sociétés de leasing, les réseaux de distribution, la restauration en vol, la manutention dans les aéroports et les aéroports eux-mêmes.

Photo © Alitalia

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