La grève des contrôleurs aériens vivement condamnée

Alors que la grève de cinq jours des contrôleurs aériens s’amplifie ce mardi, l’Union des aéroports français (UAF) et la Chambre syndicale du transport aérien (CSTA) sont vent debout contre le mouvement dont elles redoutent les conséquences économiques.

Après le secrétaire d’État aux transports et plusieurs compagnies aériennes la semaine dernière, c’est au tour des organisations professionnelles de monter au créneau. L’UAF et surtout la CSTA ont eu des mots particulièrement durs pour condamner le mouvement déclenché par un syndicat minoritaire, l’UNSA-ICNA, du 6 au 10 mars 2017.

Dans un communiqué, la CSTA s’interroge en effet sur « la nécessité de réformer une organisation du contrôle aérien aussi inopérante, dont les grèves à répétition sont synonymes d’entrave à la liberté des déplacements des personnes et des biens et de désastre économique, avec à la clef des pertes d’emplois » .

Au coeur de ses préoccupations, les compagnies aériennes françaises, « déjà fragilisées économiquement et en terme de compétitivité » , et qui seront « une nouvelle fois particulièrement impactées » , selon la CSTA. Elle explique que les conventions internationales et les objectifs d’Eurocontrol (le gestionnaire de la navigation aérienne en Europe) « obligent les contrôleurs aériens à maintenir certains vols comme les survols de transit au détriment des vols desservant les aéroports nationaux » .

La CSTA dit s’insurger » contre « un énième mouvement qui pénalise essentiellement les vols courts et moyens courriers domestiques français et les aéroports de province » . Cette grève devrait entraîner l’annulation de 25% à 33% des vols en provenance et à destination du Sud et de l’Ouest de la France, selon la DGAC.

La CSTA rappelle qu’en 5 ans, la majorité des grèves du contrôle aérien européen ont eu lieu en France, suivi de la Grèce, de l’Italie et du Portugal. Selon ses chiffres, les contrôleurs aériens français ont fait grève 95 jours de 2010 à 2015, soit 72 jours de plus que les Grecs, « pourtant 2ème au classement de la conflictualité au niveau Européen sur cette période » .

Dans un communiqué séparé, l’Union des aéroports français (UAF) dénonce elle aussi « les grèves à répétition » des contrôleurs aériens qui pénalisent « avant tout l’attractivité de la France et de ses territoires » . Ces grèves « occasionnent des pertes financières importantes pour les plateformes aéroportuaires, portent de sévères coup à l’économie des territoires desservis et dégradent la qualité de service rendu aux passagers en raison des retards et des annulations de vols » , précise l’UAF.

Ces protestations interviennent alors que le mouvement des contrôleurs aériens s’amplifie ce mardi. En grève du 6 au 10 mars, les aiguilleurs du ciel des centres de Brest et Bordeaux sont rejoints aujourd’hui par leurs collègue d’Aix-en-Provence.

Air France, par exemple, annule 26% de ses vols domestiques pour la journée, contre 17% hier. easyJet a dû annuler 43 vols mardi, contre 38 la veille. Ryanair annonce 82 annulations aujourd’hui, pratiquement le double de lundi (44).

Photo © Eurocontrol : centre expérimental de Brétigny

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