Etihad : la croissance ralentit en 2016

La croissance à deux chiffres d’Etihad Airways a pris fin : avec 18,5 millions de passagers transportés, la compagnie d’Abu Dhabi progresse de 6% en 2016, contre 17% en 2015 et 23% en 2014. Etihad évoque un environnement « très difficile » qui justifie, selon elle, la poursuite de sa stratégie axée sur la qualité des services et les partenariats.

La compagnie nationale des Émirats arabes unis a également annoncé avoir opéré plus de 109 000 vols réguliers passagers et cargo en 2016, couvrant environ 446 millions de kilomètres et 112 destinations. La capacité a progressé de 9% (en SKO) pour un trafic en hausse de 8% (en PKT). Le taux d’occupation des sièges s’est maintenu à 79%.

À fin 2016, la flotte compte un peu moins d’avions qu’un an plus tôt (119 contre 121), et ce malgré 10 livraisons : trois Airbus A380, cinq Boeing 787 et deux Boeing 777-200F. 12 appareils supplémentaires sont prévus en 2017, soit neuf Boeing 787-9, deux Airbus A380 et un A330-200.

Concernant le réseau, trois destinations seulement ont été ajoutées en 2016 : Venise en Italie, Rabat au Maroc et Istanbul-Sabiha Gökçen en Turquie.

Les partages de codes et les participations dans sept compagnies aériennes ont fourni 5,5 millions de passagers aux vols d’Etihad Airways en 2016, soit une augmentation de 9% par rapport aux cinq millions de 2015. Cette croissance est le résultat du renforcement des partenariats existants et de la signature de nouveaux partages de codes avec Avianca Colombia, Avianca Brasil, Kulula, Precision Air et Montenegro Airlines.

Les actions qu’Etihad détient dans airberlin, Air Serbia, Air Seychelles, Alitalia, Jet Airways, Virgin Australia et Etihad Regional lui permettent de se présenter comme le septième groupe aérien mondial, avec une flotte combinée de 705 avions et un total de 126,6 millions de passagers.

Pour James Hogan, le PDG du groupe Etihad, ces données témoignent d’une « croissance soutenue » en 2016 malgré « un environnement commercial très difficile » .

« C’est là que les produits et les services supérieurs d’Etihad Airways montrent leur véritable valeur et que la force de notre modèle d’affaires prend tout son sens grâce à la diversité de nos filiales, aux synergies rentables et à la diffusion des risques sur une échelle planétaire » , ajoute le dirigeant. « Plus important encore, en 2016, nous avons présenté notre nouvelle structure de groupe qui positionne nos activités vers la croissance et le développement à long terme » .

Cependant, Etihad a annoncé le mois dernier une évolution de sa stratégie en même temps que le départ de James Hogan. La compagnie se prépare à des suppressions de postes – le chiffre de 3.000, sur les 26.635 que compte le groupe, a circulé sans être confirmé. Etihad va créer une nouvelle compagnie loisirs en co-entreprise avec TUI, en dépouillant Airberlin d’un tiers de sa flotte. Alitalia doit présenter prochainement un nouveau plan de restructuration. Enfin, un partenariat avec Lufthansa a été initié.

« 2017 sera de nouveau une année difficile » , prévoit James Hogan qui quittera ses fonctions au second semestre. « Nous continuerons à nous développer de façon prudente et efficace, en fonction de l’environnement économique. Nous restons optimistes et avons la conviction que notre modèle d’affaires robuste se révèlera un succès et, surtout, qu’il résistera à l’épreuve du temps » .

Photo Damien Aiello CC BY-SA 4.0 : Airbus A380 d’Etihad Airways en approche à Sydney