Le transport aérien fait face au décret Trump sur l’immigration

Le décret très décrié du président américain Donald Trump, qui interdit l’accès des États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans, a eu des conséquences immédiates pour les compagnies aériennes et les aéroports dans le monde entier.

Tenant un engagement pris pendant sa campagne électorale, Donald Trump a suspendu vendredi 27 janvier et pour 90 jours, l’entrée des États-Unis aux citoyens de l’Iran, de l’Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan, de la Syrie et du Yémen. La mesure s’étend aux détenteurs d’un visa américain ou d’une autorisation de résidence aux États-Unis (carte verte). Elle ne concerne pas les porteurs de visas diplomatiques et les personnels des institutions internationales. L’entrée des réfugiés politiques syriens, quant à elle, est suspendue pour une durée indéterminée. 

Les compagnies aériennes américaines, et vraisemblablement leurs consoeurs étrangères, n’ont pas été informées à l’avance de cette décision et aucune réunion d’information n’a été organisée pour savoir comment l’appliquer, ont indiqué à Bloomberg des sources du secteur.

L’application du décret, intitulé « Protection de la nation contre l’entrée aux États-Unis de terroristes étrangers » , a tourné de la confusion au chaos dans plusieurs aéroports des États-Unis : des agents de l’immigration ont empêché d’entrer des passagers détenteurs de la carte verte ou de visas, qui avaient pris leur vol avant la signature du décret. L’affaire a entraîné la mobilisation spontanée de plusieurs milliers de personnes, qui ont protesté sur les aéroports de New York-JFK, Washington-Dulles, Chicago-O’Hare, Denver, Los Angeles et Seattle. La nouvelle administration Trump a également enregistré un revers juridique : saisie par l‘Union américaine pour les droits civiques (ACLU) et plusieurs organisations d’aide aux immigrés, une juge fédérale de New York a décidé d’un sursis d’urgence, qui interdit provisoirement l’expulsion des personnes arrivées dans des aéroports américains avec un visa valable et les autorise donc à entrer dans le pays.

À l’étranger aussi, les autorités ont dû faire face à la mesure du président Trump : Air France a refusé d’embarquer 15 personnes à destination des États-Unis. « Comme toutes les compagnies aériennes, Air France est tenue de se conformer aux exigences d’entrée sur leur territoire des pays qu’elle dessert et n’est à ce titre pas autorisée à embarquer, en connaissance de cause, des passagers pour une destination dont l’accès leur est interdit » , a expliqué la compagnie dans un communiqué. « En procédant de la sorte, Air France ne fait que se conformer aux règles internationales qui régissent le transport aérien, qu’elle est tenue de respecter » , a-t-elle ajouté. De son côté, KLM a indiqué samedi avoir pris la même décision pour sept passagers de pays concernés par l’interdiction. Des cas similaires ont été rapportés au Caire, à Dubaï et à Istanbul. 

Les compagnies aériennes se sont en effet rapidement organisées face à un décret qui les expose potentiellement à des surcoûts : les transporteurs ont la responsabilité de renvoyer immédiatement les passagers refoulés à l’endroit où a commencé le voyage.

Emirates a cependant minimisé les conséquences : « un très petit nombre de nos passagers ont été touchés aujourd’hui par les nouvelles exigences de l’immigration aux États-Unis » , a indiqué samedi la compagnie de Dubaï.

Delta Air Lines dit contacter les clients concernés par l’interdiction d’entrée, et propose « une souplesse dans les changements de réservation ou le remboursement du billet » . Des mesures commerciales sont également mises en place par British Airways, Air Canada et sa compatriote WestJet. En revanche, American Airlines et l’association Airlines for America se sont refusées samedi à tout commentaire et ont renvoyé les questions au gouvernement des États-Unis.

On notera que les États-Unis ne disposent d’aucune liaison directe avec les sept pays concernés. Ceux-ci représentent d’ailleurs une part infime des passagers étrangers arrivant sur le territoire américain: 0,7% des 10,9 millions de voyageurs qui ont obtenu un visa en 2015, selon les statistiques de l’administration des États-Unis.

Par ailleurs, l’Iran a immédiatement réagi à la décision du président Trump, et interdit par réciprocité l’entrée des citoyens américains sur son territoire. L’Irak menace de suivre.

Photo Thong Vo / CC0 / Unsplash

4 commentaires sur “Le transport aérien fait face au décret Trump sur l’immigration

    • Quelle amateurisme et naivite dans votre réponse. Trump est a l’image de lui meme, un amateur populiste qui n’a aucune idée des conséquences désastreuses de ces actions. Les USA vont perdre pour longtemps leurs attractive et de plus ce n’est pas ce type de decret fait pour plaire aux cowboys de base du fin fond du texas qui va résoudre les problèmes de fonds. C’est de l’enfumage et en plus totalement populiste et dictatorial.

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